Un été « historique » pour la Cité de l’espace
Comme un goût de paradoxe à la Cité de l’espace. Malgré la crise, le parc culturel et scientifique de la Ville rose a enregistré cet été son plus haut niveau d’activité depuis sa création en 1997. « C’est un niveau historique, avec 120 000 visiteurs, contre seulement 80 000 l’été dernier, indique à La lettre M Jean-Baptiste Desbois, directeur de la Semeccel, qui gère la Cité de l’espace et ses 125 salariés. C’est même supérieur aux chiffres d’avant-Covid, puisque durant l’été 2019, nous avions accueilli 110 000 personnes. » La typologie du visitorat a cependant beaucoup évolué depuis le début de la crise sanitaire. « Les deux tiers des étrangers ne sont pas venus, résume Jean-Baptiste Desbois. Mais les Français, venus principalement des grandes métropoles, ont plus que compensé ce phénomène. Nous ne nous attendions pas à cela ! » Quant à la mise en place du pass sanitaire, elle n’a à l’évidence pas découragé les visiteurs. « Lors de l’annonce, il y a eu un petit pic de fréquentation – les gens ont anticipé leur visite – puis, lors de sa mise en place effective, une légère baisse, mais dès les jours suivants, le niveau de fréquentation est redevenu normal », précise le directeur.
Effet trompe-l'oeil
Attention, cependant, à l’effet trompe-l’œil. Car si les chiffres de l’été ont été historiquement hauts, ceux de l’année toute entière, eux, seront d’un niveau plus bas que d’ordinaire. « Notre saison n’a débuté que le 19 mai, rappelle Jean-Baptiste Desbois. En 2019, nous avions accueilli au total 400 000 visiteurs. En 2020, c’était 171 000. Cette année, nous devrions être quelque part entre les deux… » Tout dépendra, en réalité, des futures contraintes qui pourraient peser sur les lieux d’accueil du public ou sur la société française en général. « Ce que nous redoutons le plus, ce sont les jauges et, bien entendu, les confinements », confie le directeur de la Cité de l’espace, qui a vu son chiffre d’affaires passer de 11 M€ à 5 M€ entre 2019 et 2020.
Les investissements en question
Pour faire face aux contraintes liées à la crise sanitaire, la Cité de l’espace a poursuivi ses investissements. « L’essentiel avait cependant déjà été mis en place l’été dernier », indique Jean-Baptiste Desbois, qui avait alors engagé plus de 350 k€. Le parc a cependant dû recruter cet été du personnel supplémentaire à l’accueil et à la sécurité, dans le cadre du déploiement du pass sanitaire. « Ce sont forcément des dépenses surnuméraires », reconnaît le directeur de la Semeccel, qui n’est néanmoins pas encore en mesure d’avancer de chiffres consolidés. Si la Semeccel a « perdu des capacités d’investissement » depuis le début de la crise, elle entend être « inventive et agile » pour « trouver des solutions » afin de rendre son offre « encore plus attractive ». La société d’économie mixte, dont la délégation de service public court jusqu’en 2029, peut pour cela compter sur le soutien de ses actionnaires : Toulouse Métropole (37,5 %), la Ville de Toulouse (18,7 %), Airbus Defence and Space (13,7 %), la Région Occitanie (6,9 %), le Cnes (6,9 %), la CDC (4,7 %), Thales Alenia Space (4,55 %), la Caisse d’Épargne (4,6 %) et Météo-France (2,8 %).










