Un contrat de filière d'ici à l'été pour le secteur agroalimentaire
Un contrat de filière pour le secteur agroalimentaire est en cours de finalisation au niveau régional. Il comprendra une dizaine d’actions prédéfinies, avec un budget à la clé. « Nous en sommes à la phase de présentation du dispositif aux institutionnels pour ensuite signer un engagement collectif d’ici à la fin de l’été, explique Pierre Meliet, président de l’Area (association régionale des entreprises agroalimentaires). Nous avons travailler avec la Région, l’État, Coop de France… Nous sommes dans une logique de co-construction. » Parmi les objectifs : payer le juste prix à tous les niveaux de la chaîne de valeur, privilégier le local et travailler collectivement sur la mise en place d’une image et d’une responsabilité commune. Le budget de ce contrat de filière reste à négocier avec les différents partenaires. « Les entreprises agroalimentaires seront toujours là demain: il est urgent d’investir dans l’avenir, que la reconstruction en cours s’accompagne d’un plan régional d’accompagnement des entreprises. Il est important de les aider à adapter leur manière de produire et restaurer la confiance avec le consommateur », insiste le président de l'Area.
Les surcoûts du redémarrage de l'activité
Revenant sur la crise sanitaire du Covid-19, « les entreprises agroalimentaires de la région redémarrent avec un manque à gagner de deux à trois mois », résume Pierre Meliet. Au moins 65 % d’entre elles accusent une baisse de leur chiffre d’affaires d'au moins 25 %. « En termes d’activité, il s’agit de reconstruire dans la difficulté car, même s’il y a eu poursuite de l’activité pendant la crise pour certaines de ces entreprises, le redémarrage va se faire avec d’énormes surcoûts » : adaptation des schémas logistiques (approvisionnement des matières premières ou livraison des produits finis), respect des gestes de distanciation pour le personnel entraînant une baisse de cadence des lignes... « Quand bien même l’activité de certaines entreprises s'est poursuivie pendant la crise, il a fallu parfois réduire la voilure et passer de quinze à quatre références. Cela a entraîné une rentabilité plus faible avec des charges fixes qui ne baissent pas et une main d’oeuvre quasiment identique. »
Selon le président de l’Area, « malgré l’accompagnement de l’Area, de l’État, de la Région..., il y aura de la casse. Les difficultés vont se faire ressentir dans les deux prochaines années. » Et en ce qui concerne le niveau de reprise d’activité, « c’est la grande inconnue, alors que l’année 2020 avait plutôt bien démarré. Va-t-on vers un retour à la normale à l’automne ou vers une dégradation? Il y a beaucoup d’incertitudes… » Toute cette incertitude pousse à faire appel à la responsabilité collective, insiste Pierre Meliet : « celle de la grande distribution, des grossistes,…, de l’ensemble des intervenants. La survie du secteur est liée au partage du coût de toute cette crise. Il en va d’une responsabilité sociale, il faudra privilégier à l’avenir au maximum ce qui est produit en région si on veut garder nos entreprises agroalimentaires. Il faudra aussi accepter de payer le juste prix des produits. »










