À Toulouse, les sous-traitants de l’aéronautique face aux défis de la montée en cadence
La convention d’affaires Aeromart Toulouse a rassemblé au Meett près de 5 000 participants, du 3 au 5 décembre. Une grand-messe orientée business, avec 15 000 rendez-vous BtoB, qui a aussi été l’occasion pour les acteurs de l’aéronautique – en particulier les entreprises de la supply chain (chaîne de sous-traitance) régionale – d’échanger autour des défis du secteur. Tandis que la montée en cadence de la production, dans le sillage d'Airbus, impose à tous renforcement des performances et investissements, le sujet de la trésorerie est stratégique. « Nous dépendons de notre supply chain à 80 %, rappelle Didier Katzenmayer, directeur aux affaires industrielles d'Airbus Opérations. On ne peut pas faire sans notre tissu industriel. »
La trésorerie en question
« Aeromart est désormais clairement placé sur l’agenda international de la filière, soutient Stéphane Castet, président d'ABE (Advanced Business Event), l’organisateur du rendez-vous toulousain. Comme on dit : "Je ne peux pas, j’ai Bourget", on dit maintenant aussi "Je ne peux pas, j’ai Aeromart". » Dans les allées du Meett de Toulouse Métropole, plusieurs sujets stratégiques ont alimenté trois jours durant les conversations : le recrutement et la fidélisation des salariés dans un contexte post-Covid relativement tendu, l’ambitieuse feuille de route du secteur en matière de décarbonation, les initiatives innovantes des néo-avionneurs, en particulier dans la région toulousaine, mais aussi – et surtout – les enjeux liés à la montée en cadence de la production d’avions commerciaux. « La supply chain a besoin de se retrouver, de discuter ; car tout n’est pas rose dans l’aéronautique », concède Stéphane Castet. Au cœur des discussions : le sujet – sensible – de la trésorerie, qui fragilise un certain nombre de PME et ETI aéronautiques devant faire face à une double injonction : à la fois rembourser les emprunts contractés ces dernières années – dont les Prêts garantis par l’État (PGE) signés au moment de la pandémie – et investir dans leurs outils industriels pour affronter les cadences à venir. Car chacun a en tête les ambitions d’Airbus.
Jouer collectif
Dans ce contexte, Didier Katzenmayer l’assure : la filière doit plus que jamais jouer collectif. « Le secteur est en pleine mutation et évolue dans un monde soumis à de nombreuses contraintes, analyse celui qui préside également la commission Industrie de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI) Toulouse Haute-Garonne. Nous sommes sortis du Covid avec les guerres, l’inflation, la crise énergétique… La filière a devant elle un carnet de commandes de dix ans ; c’est une chance. Nous devons garantir notre ramp-up (montée en cadence, NDLR) tout en faisant évoluer nos produits pour rester toujours en avance. » Et Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, de conclure : « C’est ici que s’écrira l’avenir de l’aéronautique. Nous devons unir tous nos efforts pour rester leaders. »

De gauche à droite : Jalil Benabdillah, vice-président de la Région en charge de l’économie, de l’emploi, de l’innovation et de la réindustrialisation, Agnès Plagneux-Bertrand, vice-présidente de Toulouse Métropole chargée de l’industrie et de l’économie productive, Didier Katzenmayer, directeur aux affaires industrielles d'Airbus Opérations SAS, président de l'UIMM MP Occitanie et président de la commission Industrie de la CCI Toulouse 31, et Stéphane Castet, président d'ABE. (Photo : Alexandre Léoty)











