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Immobilier
| 18/12/2024

Thierry Iacazio (FPI Occitanie Méditerranée) : « L’immobilier n’intéresse pas le gouvernement »

© FPI OM

« L'immobilier n’intéresse pas le gouvernement », assure le 17 décembre Thierry Iacazio, président de la Fédération des promoteurs immobiliers Occitanie Méditerranée (FPI OM), lors de sa première cérémonie de vœux à la tête de l'organisation professionnelle. Selon le représentant des acteurs du secteur, ce dernier subit une crise de l’offre, faute de production, mais aussi de la demande. Et les normes et règlementations, telles que les PPRI - Plans de prévention des risques naturels d'inondation - ou le Zan - zéro artificialisation nette - pénalisent également la filière. Thierry Iacazio s'inquiète également de « l’impact social » lié à cette situation mettant en péril « la pérennité des entreprises ».

Immobilier et débat démocratique
Concernant 2025, le président dla FPI OM fait part de sa « détermination » en évoquant l'organisation de comités fédéraux délocalisés, du salon de l’immobilier au mois de mars et la poursuite du travail collaboratif engagé avec Altémedl'aménageur de Montpellier Méditerranée Métropole, sur le thème « construire demain ». Thierry Iacazio est aussi revenu sur les conséquences de l'absence de gouvernement et la censure entraînant un manque de visibilité. « Un projet de loi favorable à l’immobilier a été balayé par la dissolution du gouvernement. Et la ministre, Valérie Létard, n’a proposé que des mesurettes très éloignées des enjeux de notre métier. » Présent lors de cette cérémonie, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, a fait part des son soutien aux professionnels : « C’est parce que la situation est dure, ici et partout en France que je suis là. » À l'image des acteurs du secteur, l’élu dit attendre le prochain projet de loi de finances. « L’immobilier doit revenir dans le débat démocratique », indique-t-il en évoquant le lancement du « choc de l'offre » destiné à la production de 8 000 logements neufs. Dans l'attente de la validation du PLU-i (plan local d'urbanisme intercommunal) « en juin ou juillet », Michaël Delafosse entend également être porteur de solutions à l'image d'un projet de « dispositif fiscal sur la primo-accession ».

Un marché sans perspective
Le déficit de production enregistré depuis deux ans a entraîné selon lui une forte baisse des mises en vente - de l'ordre de 50 % dans le territoire Occitanie Méditerranée et de 70 % dans la métropole héraultaise - et des tensions sur le marché locatif. « Les secteurs de Nîmes et de Béziers restent dynamiques car ils ont été alimentés par le Pinel. Mais que va-t-il se passer après l’arrêt de ce dispositif ? », s’interroge-t-il. Autres motifs d'inquiétude, les 1 300 logements bloqués par le PPRI (Plan de prévention du risque inondation), les effets du zéro artificialisation nette ou la sous-utilisation des droits à construire, de l'ordre de 65%. « Le secteur de l’immobilier d’entreprise ne semble pas aller mieux, analyse-t-il. Même si le nombre de transactions en 2024 se porte plutôt bien. On sent une attente des dirigeants et on enregistre une réduction de la taille des projets. Seuls les locaux d’activité affichent encore une demande soutenue mais les projets sont confrontés au manque de foncier. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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