Stratégie spatiale française : à Toulouse, Emmanuel Macron inaugure le Commandement de l'espace
En déplacement à Toulouse le 12 novembre, Emmanuel Macron inaugure le nouveau site du Commandement de l'espace (CDE). L'entité de 11 000 m2, dont la construction a nécessité un investissement de 80 M€, doit permettre de rallier les unités et services du CDE au cœur de l’écosystème spatial français et de favoriser les synergies avec le Cnes et le nouveau Centre d’excellence de l’Otan dédié au spatial (NATO Space CoE). Le bâtiment, mis en service fin octobre après 21 mois de travaux réalisés sous la maîtrise d’ouvrage du Service d’infrastructure de la Défense, devrait accueillir 470 personnes en 2030. Son inauguration est l'occasion pour le président de la République de faire le point sur la stratégie spatiale française.
Un second bâtiment de 2 000 m2, destiné au NATO Space CoE, devrait compter une soixantaine de permanents français et étrangers. Il sera inauguré en janvier 2026.
L'espace, « un champ de bataille », selon Emmanuel Macron
« Ces derniers mois, nous avons élaboré une stratégie nationale spatiale, indique Emmanuel Macron devant la presse, dont La Lettre M. Cette stratégie large et interdisciplinaire est indispensable pour nous donner un cap clair et garantir notre indépendance. Une indépendance qui dépend de notre capacité d’action dans le spatial. » Et le locataire de l’Élysée d'évoquer notamment la question - stratégique - de l'espace de Défense. « L’espace n’est plus un sanctuaire, mais un champ de bataille, estime-t-il. Car notre époque est celle de la brutalisation. Nous vivons l’espionnage, les brouillages massifs, les attaques cyber, les essais de missiles antisatellites et la menace d’armes nucléaires dans l’espace. Nous devons être souverains, depuis les couches basses de l’atmosphère jusqu’à l’espace. »
L’Occitanie, territoire stratégique pour l’industrie de Défense
Si l'Occitanie est reconnue pour son écosystème dans le champ de l'aéronautique civile, elle est aussi « un territoire stratégique pour l'industrie de Défense », avait indiqué la Région lors du Salon du Bourget, en juin dernier. Le territoire revendique en effet 25 000 emplois dans le secteur, soit 15 % des effectifs nationaux, dont 20 000 dans le seul département de la Haute-Garonne. Au total, 430 PME et ETI sont intégrées à la Base industrielle et technologique de Défense (BITD) régionale. Avec par ailleurs « une emprise militaire majeure et des sites structurants : 21 000 personnels civils et militaires présents en région, la 11e brigade parachutiste, le centre d’excellence de l’Otan, le Commandement de l’espace à Toulouse », précisait alors la collectivité.
Des industriels en pointe
De nombreux industriels locaux font par ailleurs le choix de développer des drones à vocation duale ou militaire, à l’instar de la société haut-garonnaise Delair, qui a lancé il y a quelques mois un drone d'observation longue distance destiné à « l’inspection et la surveillance de grands espaces dans des contextes aussi bien civils que militaires ». Le néo-avionneur Aura Aero, quant à lui, est sélectionné par le ministère des Armées et la Direction générale de l'armement (DGA) en vue de développer un prototype de drone militaire susceptible de voler d'ici à 2026, tout comme le groupe Daher, dont l’entité tarbaise (65) est spécialisée dans la production d’avions mono-turbopropulseurs.
La dernière visite du président de la République dans la Ville rose remonte au 11 décembre 2023. Depuis le site d’Airbus, le locataire de l'Élysée avait alors annoncé – à l’occasion des deux ans du plan France 2030 – la consolidation et l’accélération de ce plan d’investissement national doté de 54 Md€ sur cinq ans.











