RER toulousain : la Région, le CD31 et Toulouse Métropole portent un projet commun à 4 Md€
Le 24 janvier, la Région Occitanie, Toulouse Métropole et le Conseil départemental de la Haute-Garonne (CD31) signent une déclaration d'intention commune afin que Toulouse soit dotée d’un Serm (Service express régional métropolitain). Un investissement global projeté de 4,1 Md€ d’ici à 2040 (3,632 Md€ pour les infrastructures – dont 348 M€ pour la désaturation de la gare Matabiau – et 492 M€ pour le matériel roulant), auxquels s’ajouteraient des coûts de fonctionnement évalués à 113 M€ par an. « Ce Serm sera le plus grand de France ! », assure Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, qui réunit l’ensemble des acteurs concernés à Toulouse à l’occasion des premières Rencontres des mobilités urbaines et territoires.
Un train toutes les dix minutes
L’événement, qui vise à « construire le futur des mobilités dans la grande aire urbaine toulousaine », rassemble aux côtés de la Région, du CD31 et de Toulouse Métropole Pierre-André Durand, préfet de la région Occitanie et de la Haute-Garonne, mais aussi des représentants de la SNCF, de l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP) et des associations d’usagers. Objectif ? Poser les bases d’un « scénario réaliste » de Serm dans l’aire urbaine toulousaine, susceptible de s’étendre jusqu’à Montauban, Saint-Sulpice-la-Pointe, Villefranche-de-Lauragais, Auterive, Carbonne et l’Isle-Jourdain.
Dans le détail, il s’agirait de muscler l’offre ferroviaire en faisant circuler davantage de trains, ce qui permettrait de proposer des cadencements renforcés (un train toutes les dix minutes en heure de pointe) tout en offrant une complémentarité accrue avec les autres modes de transport public, mais aussi avec le covoiturage et le vélo, dans une logique d’intermodalité. À l’horizon 2040 circuleraient ainsi entre la Ville rose et l’Isle-Jourdain 178 trains par jour (contre 80 actuellement), vers Carbonne 121 trains par jour (contre 62), vers Auterive 119 trains (contre 37), vers Villefranche-de-Lauragais 117 trains (contre 39), vers Saint-Sulpice-la-Pointe 145 trains (contre 71) et vers Montauban 126 trains (contre 58).
« Ce n'est pas qu'une question de RER »
« Notre territoire est celui qui connaît la plus grande croissance démographique mais il demeure clairement sous-doté par l’État, estime Carole Delga. Nous présentons aujourd’hui une candidature commune pour que l’État puisse avoir la bonne compréhension des enjeux et soit ainsi en mesure de bien dimensionner son soutien financier. » Pour l’élue, les 700 M€ annoncés par le Gouvernement – à l’échelle nationale – pour impulser les projets de Serm ne peuvent en effet constituer qu’une enveloppe d'« amorçage budgétaire ».
Présent devant la presse à ses côtés, Sébastien Vincini, président du Conseil départemental de la Haute-Garonne, l’assure : « Aujourd’hui est un jour heureux. » Et l’élu d’ajouter : « Le Département est prêt à contribuer à ce projet. Ce n’est pas qu’une question de RER. Ce n’est pas non plus qu’une question métropolitaine. Il faut avoir un regard plus large. D’où l’intérêt de poser un projet de Serm qui construise la multimodalité. Il va y avoir des complémentarités à bâtir et des réponses communes à amener. Quelles solutions mettre en place pour faire en sorte que les euros dépensés soient le plus utile possible ? Dans l’année en cours, nous avons la possibilité de bâtir un dossier robuste et de prendre les décisions nécessaires. » Avec en ligne de mire des considérations techniques, mais aussi les sujets – hautement stratégiques – de la gouvernance et du financement de ce projet XXL.
« Être dans l'anticipation »
Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métropole, fait cause commune avec les autres collectivités. « Cette initiative nous permet d’être dans l’anticipation par rapport au calendrier officiel (le dépôt de candidature doit avoir lieu en mai prochain, NDLR), se réjouit-il. Nous avons ensuite d’autres échéances. Les études en cours (pilotées par la Région, NDLR) aboutiront à la fin du semestre, au moment où l’État dévoilera ses intentions d’un point de vue financier. » L’élu demeure néanmoins prudent : « Nous devons mesurer tout le bénéfice réel d’un tel projet, assure-t-il. Combien de personnes cela représenterait ? Quel bénéfice environnemental enregistrerions-nous ? Quel temps en transports serait gagné ? Ce sont des sujets d’une importance capitale pour la vie de nos concitoyens. La méthode qui consiste à travailler ensemble et à partager nos réflexions est la seule qui puisse aboutir à quelque chose. »

Le financement en question
Concernant le financement du projet, les trois élus sont catégoriques : rien ne se fera sans un soutien massif de la part de l’État. « Le combat consiste à décrocher des financements en subvention, en fiscalité et en portage. C’est fondamental pour accompagner des projets aussi lourds. Nous sommes tous volontaristes pour participer, mais il faut que l’État nous en donne les moyens et fasse preuve de solidarité », résume Carole Delga. Jean-Luc Moudenc acquiesce : « L’État a décidé d’impulser cette démarche ; la logique est qu’il soit la locomotive du financement. Les collectivités sont sollicitées mais elles ont déjà beaucoup fait dans leurs domaines respectifs. Elles atteignent certaines limites en matière de capacité financière. L’État doit nous donner davantage de moyens. » Même son de cloche chez Sébastien Vincini : « Il va falloir que l’État prenne toutes ses responsabilités. »
Une réunion semblable, portant cette fois-ci sur la candidature montpelliéraine au Serm, devrait être organisée dans les prochains mois.











