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Midi-Pyrénées / Languedoc-Roussillon
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Institutions
| 27/04/2015

Régionales/UMP : la désignation surprise du politologue Dominique Reynié en grande région

De l’aveu même de Jean-Luc Moudenc, maire UMP de Toulouse et président de Toulouse Métropole, « c’est une surprise ». Dominique Reynié, 55 ans le 17 juin, politologue et professeur de sciences politiques à Sciences Po Paris, a été désigné, samedi à Sète, comme tête de liste de la droite et du centre pour les élections régionales de décembre dans la grande région Languedoc-Roussillon/Midi-Pyrénées. Il a devancé Bernard Carayon, maire de Lavaur (Tarn), par 23 voix contre 16 (une abstention), au quatrième tour d’un scrutin auquel ont été conviés quarante grands élus UMP, UDI, DVD de la région. Une surprise, car Reynié n’est en effet ni un élu, ni même un politique, et présente un profil très parisien. Régulièrement invité sur le plateau de « C dans l’air » (France 5), il dirige depuis 2008 la Fondation pour l’innovation politique, think-tank libéral et pro-européen, proche de l’UMP. L’intéressé rétorque : « Je ne connais pas de parachutage opéré depuis le sol. Je suis choisi par des élus locaux. »

Renouveau politique ? 

En mettant Reynié sur orbite, l’UMP et l’UDI tentent la carte du renouvellement des pratiques politiques. « Il présente la caractéristique de ne pas avoir été désigné par les officines parisiennes, mais par le terrain, explique Jean-Luc Moudenc, artificier du scrutin. L’avantage principal de la candidature Reynié, c’est qu’il incarne le renouveau. Une distance croissante s’est instaurée entre les politiques "classiques" et les citoyens. On nous reproche souvent d’être toujours entre nous, que c’est toujours les mêmes. Cette ouverture de la vie politique à des citoyens qui n’ont pas de parcours politique correspond aux attentes actuelles des électeurs. C’est un signe de réconciliation que nous envoyons aux citoyens », explique Jean-Luc Moudenc. La prestation de Dominique Reynié, lors du grand oral, samedi matin, aurait fait la différence, selon certains élus. Mais l’arrivée d’un « Parisien », fût-il ruthénois, fait grincer des dents. « Les élus de Languedoc-Roussillon et de Midi-Pyrénées sont méprisés. Sont-ils à ce point incompétents pour qu’il faille aller chercher un commentateur politique, qui court les salons parisiens, pour défendre les intérêts de notre grande région ?, tacle le sénateur villepiniste Jean-Pierre Grand, maire de Castelnau-le-Lez (Hérault). Ce mépris envers des centaines d’élus locaux aura un coût politique. L’UMP va être laminée. Reynié était le pire des candidats. Il va être un mur d’escalade pour le FN. » Plus sobrement, Jean-Paul Fournier, maire UMP de Nîmes, attend que Dominique Reynié « prenne sa carte UMP ».
Auteur de « Populisme : la pente fatale » (Plon, 2011), Dominique Reynié va passer de la théorie à la pratique lors de la campagne à venir, notamment en terre languedocienne, où le vote frontiste dépasse par endroits (Gard, Pyrénées-Orientales, Biterrois) la barre des 30 %. L’investiture de Dominique Reynié sera officialisée le 7 mai par la commission nationale d’investiture de l’UMP.

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