Pascal Mailhos : pour les services de l’Etat, ce sera du 55/45
Le préfet de Midi-Pyrénées, Pascal Mailhos, nommé préfet préfigurateur de l’Etat en région, assure que « toutes les directions ne seront pas dans une seule et même ville ». S’exprimant lors d’une rencontre organisée ce matin par nos confrères d’Objectif Languedoc-Roussillon et Objectif News à Sup de Co Montpellier Business School, le préfet a ajouté : « Evidemment que les proportions de l’ordre de 55 % / 45 % de fonctionnaires d’Etat seront maintenues. Il n’y aurait aucun sens à déséquilibrer nos deux régions, nos deux métropoles ». En revanche, Pascal Mailhos s’est refusé à préciser quelles villes seraient choisies pour telle ou telle direction. « Les implantations » seront « les plus cohérentes, les plus rationnelles, les plus efficaces possibles », a-t-il ajouté.
Alary veut un partage des pouvoirs
Présent à l’occasion de cette manifestation, le président de la région Languedoc-Roussillon, Damien Alary, a affirmé que « si la capitale administrative est Toulouse, je me battrai dans les mois qui viennent pour que l’hôtel de région soit à Montpellier, que le pouvoir politique, la gouvernance, soient partagés entre Montpellier et Toulouse ». Selon lui, « la réforme n’aboutira pas au 1er janvier 2016 », date prévue pour la fusion des deux exécutifs régionaux. Il évoque « d’énormes chantiers qui vont continuer sur cinq ou six ans ». Son homologue de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, s’est dit « très heureux de ce mariage qui ouvre des perspectives qu’on n’imagine pas aujourd’hui ». Le maire et président de la Métropole de Montpellier, Philippe Saurel, rappelle qu’il a été favorable à la réforme, mais assure qu’il « résistera » s’il « n’y a pas de répartition équitable entre Toulouse et Montpellier ». Pour le président de la CCI de Toulouse, Alain Di Crescenzo, le temps du politique est trop long. « Cinq ans, c’est trop long. Pour fusionner des grandes entreprises, ça n’existe pas. En cinq ans, on perd un combat et on perd la guerre ». Le président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy, l’a assuré que « l’action économique » de la future grande région « ira beaucoup plus vite », et qu’une réflexion serait « engagée sans tarder » pour mettre en place un schéma de développement économique, qui devra être mis en place au premier semestre 2016.
« Un problème de méthode »
Bertrand Girard, directeur général de Val d'Orbieu (250 M€ de CA, 17 000 hectares de vignes) : « Cette fusion présente un problème de méthode car elle n'offre aucun projet ni stratégie sur l'orientation, l'identité ou les valeurs de la future grande région. Dans le domaine du vin, nous nous interrogeons ainsi déjà sur l'image que véhiculera ce futur territoire dans le monde, et la manière dont il faudra marketer ce nom pour attirer davantage de clients et de partenaires. »
Daniel Eclache, PDG des laboratoires Phodé et président du Medef du Tarn : « La règlementation de notre pays étant déjà extrêmement complexe, je crains que la grande région apporte encore davantage de contraintes aux entreprises, au lieu de le soutenir davantage ».
Christophe Carniel, président de Transferts LR et PDG de Vogo : « J'attends de cette nouvelle région davantage d'efficience et d'attractivité en ce qui concerne la formation dans les des écoles et les universités pour pouvoir recruter des profils compétents, en matière d'innovation de la part des laboratoires de recherche, et en terme de financements locaux pour éviter de devoir solliciter des capitaux extérieurs »
DanielEclache : « Notre terrain de jeu c'est le monde. Or pour être performant à l'export, il est essentiel d'avoir une base locale forte. Mais l'organisation de cette fusion doit être beaucoup plus rapide que le temps d'une mandature. Ce délai serait complètement incompatible avec les impératifs des entreprises. »










