Fil infos

| | 9/12/2008

Montpellier/Université - Montpellier III menace de bloquer l’opération Campus

Anne Fraïsse, présidente de l’université Montpellier III, est en colère au point de sécher, mardi 9 décembre, la visite de M. Neveu, envoyé spécial du ministère, venu observer le futur site de l’opération Campus. En cause, la dotation de l’établissement Paul-Valéry pour l’année 2009 et les préconisations ministérielles qui demandent la suppression de 12 postes d’ici 2011 : « compte tenu de l’annonce de 12 postes à rendre en trois ans, écrit la présidente, nous souhaitons avoir des éclaircissements sur un mode de calcul qui nous fait passer d’un sous-encadrement reconnu en enseignants et en IATOSS-B (70e et 71e rang sur 83 universités) à un sur encadrement qui nécessiterait la restitution de 12 emplois. Cela veut dire, poursuit Anne Fraïsse, que les enseignants-chercheurs de notre université doivent assurer statutairement le double d’heures d’enseignement au détriment de la recherche ».La conséquence devient inévitable pour l’université Montpellier III : « La dotation qui nous est avancée pour 2009-2011 remet évidemment en cause la fusion de notre université avec une université des sciences pour laquelle nous jouerions le rôle de variable d’ajustement en heures d’enseignement. Le plan Campus, prélude à notre fusion, n’est donc plus à l’ordre du jour pour notre université ». Anne Fraïsse doit s’en expliquer plus longuement mardi 9 décembre lors d’une conférence de presse qui suivra la réunion du congrès de Montpellier III.Montpellier I « solidaire » de la démarche d’Anne FraïsseComprenant le « désarroi et le sentiment d’injustice » de sa collègue, Dominique Deville de Perière, présidente de Montpellier I, se dit « solidaire » de son coup de colère. Tout en restant « confiante du fait qu’on trouve une solution rapide à son problème, qui est bien réel. Je pense que le ministère a dû intégrer dans son compte l’ensemble du personnel de la bibliothèque inter-universitaire basée à l’UM III, soit environ 70 personnes, qui est en fait du personnel mutualisé entre les trois universités ». Dominique Deville de Perière stigmatise elle aussi une « dotation de Montpellier II qui est très largement supérieure à la mienne, avec pourtant la moitié d’étudiants ». En cause : le système d’attribution de la dotation « qui ne se réfère qu’à la recherche » et utilise comme variable le nombre de publiants dans chaque université. « Or dans le monde scientifique, on doit publier une fois par an. Chez les juristes ou les littéraires, cette publication est bien plus rare mais ne signifie pas un travail minoré » achève d’argumenter la présidente de Montpellier I, qui renchérit : « on a besoin de la reconnaissance de chacune des disciplines ».F.D.

Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie