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Région Occitanie
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Agri - Agro
| 14/09/2018

Marque Sud de France : les attentes des professionnels

La marque régionale Sud de France, outil de promotion des produits agricoles et agroalimentaires, cherche son second souffle. L’enjeu est de taille pour une filière aux 165 000 emplois et à 21 Md€ de CA. La marque, créée en 2006 par l'ex-Région LR, s'inscrit désormais dans un contexte différent. « Les consommateurs veulent manger sain et local. À nous de mieux identifier nos produits régionaux », explique Jean-Louis Cazaubon, vice-président régional en charge de l'agroalimentaire et de la viticulture. La région a des atouts en main : elle est la région d’Europe qui détient le plus de produits sous siqo (signe d’identification de la qualité et de l’origine), 250 au total (IGP, AOP, Label Rouge…).

Mi-juillet, Carole Delga, présidente PS de la Région Occitanie, annonce une segmentation en trois catégories : les produits sous siqo avec « Sud de France, le meilleur de l’Occitanie », les produits biologiques avec « Sud de France » suivi ou précédé du mot « Bio » et les autres produits régionaux qui restent « Sud de France ». Un nouveau site internet d’adhésion à la marque ainsi qu’une campagne de communication sont prévus prochainement, « avant les fêtes de fin d’année », ajoute Jean-Louis Cazaubon. Le 17 septembre, un comité de pilotage avec les représentants des filières agri-agro a travaillé sur la mise en place de ces trois segments. Invité à y participer, Bernard Borredon, président du syndicat interprofessionnel de l’IGP Melon du Quercy (100 producteurs, Lot et Tarn-et-Garonne), estime que les produits sous siqo « n’ont pas besoin de l’étiquette Sud de France. Reconnus par Bruxelles et contrôlés par l’Inao (Institut national de l'origine et de la qualité, NDLR), ces labels se suffisent à eux-mêmes. Pour autant, nous sommes prêts à jouer le jeu; car le fait d’avoir Sud de France est bon pour l’économie régionale. »

Oui à une segmentation, mais à certaines conditions. La principale crainte des producteurs sous siqo ou bio est de voir leurs produits confondus avec les produits régionaux classiques. « Visuellement, le consommateur ne devra pas confondre la marque Sud de France des produits sous siqo, qui implique le respect d’un cahier des charges précis et donc des surcoûts pour le producteur, avec la marque Sud de France destinée aux produits locaux classiques, qui indique seulement une origine régionale », poursuit Bernard Borredon. « L’avenir de la filière agricole et agroalimentaire passe par les siqo, car c’est là qu’il y a de la valorisation », abonde Pierre Ginebre, directeur de l’Irqualim (Institut régional de la qualité alimentaire d'Occitanie). Même son de cloche pour Interbio Occitanie, association interprofessionnelle : « Cette segmentation bio était attendue, note Nancy Fauré, directrice, mais nous serons très vigilants sur la procédure d’agrément des entreprises qui demanderont à bénéficier de la marque Bio Sud de France. Il ne faudra pas s’appuyer que sur du déclaratif, comme c’est le cas aujourd’hui pour la marque Sud de France. Il faudra un vrai contrôle. »

Au niveau international, la marque fait consensus : « Dès que l’on s’éloigne du territoire régional, la terminologie Sud de France reprend tout son poids », confirme Pierre Ginebre. « La marque Sud de France est particulièrement utile en dehors de l’Occitanie, dans les grandes métropoles et à l’international, confirme Emmanuel Eichner, directeur adjoint d’AlterBio, spécialisé dans les fruits et légumes (67 salariés, 55 M€ de CA dont 8,5 M€ à l’international, Perpignan). Accoler le terme Bio à Sud de France permettra aussi de montrer la force de la filière bio régionale. »

Reste enfin à convaincre les producteurs de l’ouest de la région, qui n'ont pas fait partie de l'aventure à ses débuts. Certains produits, clairement identifiés Sud-Ouest, comme les vins, le porc au grain ou le foie gras, « le resteront, estime Jean-Louis Cazaubon. Les autres produits d’ex-Midi-Pyrénées sont appelés à utiliser Sud de France ». Pour Pierre Ginebre, il va falloir trouver « une cohabitation entre Sud Ouest et Sud de France, au niveau local au moins. Occitanie pourrait être le dénominateur commun ».

Nelly Barbé / barbe@lalettrem.net
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