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Haute-Garonne
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Aéronautique et spatial / Education - Formation
| 22/10/2024

Marie-Hélène Baroux (Isae-Supaéro) : « L’enjeu principal est l’innovation »

© Isae-Supaéro

La nouvelle directrice générale de l'Isae-Supaéro, Institut supérieur de l'aéronautique et de l'espace basé à Toulouse, évoque en exclusivité pour La Lettre M les grandes lignes de sa feuille de route et les enjeux de ces secteurs en pleine mutation. Entretien avec Marie-Hélène Baroux, ingénieure générale de l’armement diplômée de Télécom Paris et de l’Isae-Supaéro, spécialisée dans les télécommunications et l’ingénierie aérospatiale.

Vous succédez à Olivier Lesbre, qui a occupé la direction générale de l’Isae-Supaéro pendant dix ans. Mais vous connaissez bien l’établissement, dont vous avez été un temps directrice adjointe…
En effet, j’ai été directrice adjointe de l’Isae-Supaéro entre 2019 et 2021, avec à l'époque une vocation plutôt interne, dédiée au fonctionnement de l’établissement et à la vie étudiante. J’ai réalisé l’essentiel de ma carrière à la DGA, sur des sujets plutôt technologiques. J’avais envie d’aller vers la préparation de l’avenir au travers de la formation des scientifiques et des ingénieurs de demain, dont les deux tiers évolueront dans l’aéronautique et le spatial. C’est ce qui m’a motivée à prendre la direction générale de l’établissement.

Comment se porte aujourd’hui l’Isae-Supaéro ?
L’Isae-Supaéro, qui compte 130 enseignants et enseignants-chercheurs, ainsi que 270 doctorants, accueille environ 1 900 étudiants au sein de son campus, avec 800 diplômés par an. L’institut est positionné sur le suivi et la réponse aux enjeux du Contrat d’objectifs et de moyens (Poc) en cours pour la période 2022-2026. L’objectif est à la fois de dynamiser l’innovation en vue de répondre aux enjeux des transitions – écologiques, technologiques et économiques - actuelles dans les secteurs aéronautique et spatial, tout en opérant un rapprochement avec la Défense. 

Comment souhaitez-vous renforcer l’excellence académique de l’institut et son impact au sein de l’écosystème aéronautique et spatial, à la fois en Occitanie, en France et en Europe ?
L’enjeu principal est l’innovation. Nous devons apprendre à nos étudiants à penser « hors de la boîte », pour qu’ils trouvent des solutions adaptées au monde de demain. Cela passe bien entendu par une modernisation de nos enseignements. Sur ce front, nous sommes positionnés sur des appels à manifestation d’intérêt dans l’aéronautique et le spatial sur des sujets de décarbonation, de compétences, mais aussi de numérique et d’hydrogène.

Après une phase d’aero bashing, dans le sillage du Covid-19, les nouvelles orientations de la filière aéronautique - qui mise sur la décarbonation - séduisent-elles vos étudiants ?
C’est un sujet qui me tient beaucoup à cœur. D’ailleurs, j’avais été à l’initiative de la mise en place de la feuille de route « développement durable » de l’Isae-Supaéro lorsque j’en étais directrice adjointe. Aujourd’hui, les étudiants se posent beaucoup de questions. Nous devons y répondre par l’exemple. Ainsi, environ 35 % de notre recherche sont dédiés, justement, à des sujets en lien avec le développement durable dans l’aéronautique et le spatial. De même, tous nos étudiants bénéficient d’une formation aux enjeux climatiques, et nous allons y ajouter une formation à la transition dans l'aéronautique. C’est ainsi qu’ils pourront agir concrètement lorsqu’ils seront dans le monde du travail. Nous voyons les étudiants se mettre en mouvement, certains - et c’est formidable - créant même des start-up permettant de mettre leurs compétences au profit d’un monde plus durable. 

Aujourd’hui, côté spatial, les grands groupes – tels que Thales Alenia Space et Airbus Defence and Space – rencontrent certaines difficultés. L’avenir du secteur passera-t-il par les acteurs du NewSpace ?
La question est difficile. Ce qui est clair, c’est que les modèles ont changé. Et il est plus facile de s’adapter au changement lorsque l’on est un acteur petit et agile que lorsque l’on est une grosse société. Les grands groupes ont besoin de chercheurs et d’ingénieurs disposant, justement, de méthodes agiles. C’est là qu’est notre rôle. 

Propos recueillis par Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
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