Marie-Christine Jaillet (Codev de Toulouse Métropole) : « Nous avons un positionnement d’équilibriste »
En introduction du conseil métropolitain du 12 février, Marie-Christine Jaillet, présidente du Conseil de développement (Codev) de Toulouse Métropole, dresse le bilan de son mandat 2021-2026. « Le Codev a un positionnement d’équilibriste, estime-t-elle. Il n’est en rien un équivalent d’un bureau d’études ou d’un auxiliaire des services ; c’est un laboratoire d’idées et d’expérimentation, un contributeur au débat public. » Et Marie-Christine Jaillet de mettre en exergue la mission de l’instance qui « contribue à donner aux citoyens les éléments d’information et de compréhension leur permettant de se faire leur point de vue éclairé sur les enjeux et les grands défis traversant à la fois notre société et notre collectivité locale. »
Dans ce contexte, elle salue ce que qu’elle qualifie de « réflexe Codev au sein de la Métropole, de la part des services mais aussi des élus ».
En 2025, le Codev de Toulouse Métropole a poursuivi l’organisation de conférences dédiées aux transformations socio-écologiques, tout en engageant un nouveau cycle de rencontres sur des sujets énergétiques. « Par ailleurs, comme chaque année, nous avons produit un ensemble de contributions, certaines en réponse à des saisines adressées par Toulouse Métropole et d’autres sur auto-saisine ou répondant à des consultations, indique Marie-Christine Jaillet. Notre activité est restée intense. » Enfin, en septembre dernier, la Ville rose a accueilli les Rencontres nationales des conseils de développement.
Le satisfecit des élus métropolitains
Un travail salué par Jean-Luc Moudenc, maire (DVD) de Toulouse et président de Toulouse Métropole, qui vante « une relation plus riche et plus structurée » nouée entre l'intercommunalité et son Codev, ayant permis « d’enrichir nos propres réflexions d’élus ». Même point de vue chez la socialiste Karine Traval-Michelet, vice-présidente de Toulouse Métropole en charge de l'habitat et du logement : « Les travaux du Codev nous permettent d’intégrer de nouvelles réflexions, expérimentations et coopérations. » De son côté, Joseph Carles, vice-président (Groupe Indépendants) chargé de la prospective et de la contractualisation, mais aussi de la coordination des politiques économiques et de la mise en œuvre de la feuille de route Ambition 2028, y voit « une invitation à la réflexion, avec une analyse équilibrée, une véritable prise de hauteur ». Quant à Pierre Lacaze (groupe Communiste Républicain et Citoyen), il salue « une démarche importante pour les élus que nous sommes, dans un travail d’alerte, de regard, de propositions, de positionnement et d’analyse, qui nous permet de développer des politiques publiques ».
Des missions plurielles…
Pour Marie-Christine Jaillet, le mandat 2021-2026 du Codev aura été marqué par la poursuite d’une mission centrale : « Contribuer à la définition et à la mise en œuvre des politiques publiques métropolitaines. » Avec trois grands registres, « celui de l’expérimentation de dispositifs permettant de se mettre en situation, celui de la coopération visant à dégager des synergies fructueuses et, enfin, celui de la sensibilisation par la mise en débat grâce à des conférences sur des enjeux d’actualité ». Et la présidente du conseil de développement de Toulouse Métropole d’ajouter : « Les réflexions sont menées d’abord à l’échelle du territoire métropolitain, mais - sous ce mandat de plus en plus - aussi à l’échelle interterritoriale, dans l’inter-Codev. Nous avons largement contribué à l’organisation d’une coordination régionale des conseils de développement en Occitanie, avons beaucoup travaillé à l’échelle de l’inter-Scot avec les Codev des territoires concernés, ainsi que sur les enjeux de ce que nous appelons le “grand territoire” , soit la plaque métropolitaine. »
… et des marges de progression
Reste que des « marges de progression » demeurent, estime-t-elle. Tout d’abord, concernant la composition du Codev. « Certains pourraient le voir comme une assemblée du troisième âge, de retraités disposant de temps, sourit Marie-Christine Jaillet. Je dirais plus volontiers que c’est une assemblée des sages qui met à disposition des expertises professionnelles et associatives. Cela n’exonère pas pour autant le Codev de rechercher dans sa composition la diversité ; mais soyons clairs, sans viser pour autant à ce qu'elle soit la “décalque” parfaite de la société métropolitaine. » Par ailleurs, la présidente déplore que la visibilité de l’instance reste « encore insatisfaisante malgré les efforts déployés » et souligne certaines fragilités dans son modèle. « Les Codev sont caractérisés par une faible institutionnalisation et – pour beaucoup d’entre eux – par une forte incarnation-personnalisation, constate-t-elle. Ils peuvent disparaître car ils dépendent de la volonté des exécutifs de leur donner des moyens et de leur faire une place. Par ailleurs, l’implication des membres du Codev dans la durée est une chance, mais qui parfois s’épuise, d’autant qu’elle est sans bénéfice ou sans gain personnel ; ce qui pose la question de la rétribution symbolique, du retour sur l’investissement consenti. » Enfin, Marie-Christine Jaillet souligne le fait que les conseils de développement ont par nature « un rapport à la temporalité différent de celui des élus et des services. Nous avons le temps long de la maïeutique de la discussion. Aussi ne répondons-nous sans doute pas aussi vite qu’il est parfois attendu... »











