Rencontres nationales des Conseils de développement à Toulouse : « Les Codev permettent de densifier notre démocratie »
« Il est grand temps, pour déconfiner politiquement notre pays, de reconnaître la compétence des citoyens », martèle Bruno Arbouet à l’occasion des 15e Rencontres des Conseils de développement organisées les 25 et 26 septembre à Toulouse. En ouverture de cet événement rassemblant plus de 250 représentants de 78 conseils de développement de France à l’invitation de la Coordination nationale des conseils de développement (CNCD) et du Codev Toulouse Métropole, le coprésident de la CNCD met en garde contre les récentes menaces* pesant sur l’existence de ces instances citoyennes : « Les Codev ont toujours démontré leur utilité dans l’articulation entre démocratie participative et représentative. »
« L’air du temps est mauvais »
Dans son discours inaugural, Bruno Arbouet revient sur le contexte. « L’air du temps est mauvais », constate-t-il avant d’évoquer « les menaces aux frontières de l’Europe, une crise politique nationale qui s’éternise, une défiance toujours accrue des citoyens envers leurs représentants, une société fragmentée où les radicalités, les invectives et les outrances dominent, une absence de projet collectif, une crise profonde de confiance dans l’avenir… » Dans ce paysage parfois chaotique, les conseils de développement, instances de dialogue citoyen à l’échelle intercommunale composées de bénévoles issus de la société civile, constituent de son point de vue « des espaces de résistance à l’air du temps, des petites lueurs de confiance allumées pour dire envers et contre tout notre optimisme et notre enthousiasme ». Et le coprésident de la CNCD de dénoncer ceux qui « en mal d’inspiration, envisagent d’éteindre ces lueurs en rendant nos Codev facultatifs au prétexte que leur existence gênerait le retour à l’équilibre des comptes publics ou rendrait l’action publique plus complexe… »
La fabrique du compromis
Pour Bruno Arbouet, les conseils de développement – qui formulent des avis et proposent des contributions dans le but de favoriser la co-construction de projets territoriaux – constituent au contraire « des lieux de fabrication du compromis, de l’échange, du débat apaisé, de l’émergence de voies de passage pour sortir de nos impasses collectives ». Ainsi, selon lui, « la méconnaissance de notre rôle est une forme de mépris vis-à-vis de la parole citoyenne qui s’exprime librement au sein de nos conseils ». Et de conclure : « Nous avons changé d’époque. Les citoyens, aujourd’hui, veulent se faire entendre dans la durée, entre deux rendez-vous électoraux, pour contribuer à peser sur l’élaboration des décisions publiques. Cela permet de densifier notre démocratie, de lui donner de la couleur et, ce faisant, de renforcer la cohésion sociale. »
*En juin dernier, le Sénat a adopté un amendement autorisant les préfets à dispenser les intercommunalités de plus de 50 000 habitants qui en font la demande de leur obligation légale de créer un conseil de développement.











