Les entreprises à mission séduisent consommateurs et investisseurs
Les entreprises à mission s’imposent comme un modèle économique crédible. Des études récentes menées par des chercheurs de MBS School of Business auprès de plus de 1 000 consommateurs européens et américains montrent que leurs intentions d’achat et de recommandation dépassent de près de 20 % celles des entreprises traditionnelles, y compris celles dotées de démarches RSE. Une analyse de Niek Althuizen et Carlos Sanchez, professeurs associés à MBS School of Business.
À Montpellier, les entreprises à mission ne relèvent plus de l’exception. Dans l’Écusson et les quartiers périphériques, cafés solidaires, friperies engagées ou marques locales à vocation environnementale s’ancrent dans le tissu économique. Leur point commun : inscrire une finalité sociale ou écologique au cœur de leur activité, sans renoncer à la rentabilité. Ce positionnement hybride répond à une attente croissante des consommateurs. Trois études expérimentales récentes, menées par des chercheurs de MBS School of Business, de l’Université catholique d’Eichstätt-Ingolstadt, de la Haute École de Lucerne et de l’Université de Hohenheim ont comparé les réactions de plus de 1 000 participants européens et américains face à quatre types d’organisations : entreprise classique, entreprise classique dotée d’actions RSE, organisation non lucrative et entreprise à mission. Les résultats sont constants : les intentions d’achat et de recommandation sont plus élevées pour les entreprises à mission. Leurs scores atteignent 6,3 contre 5,2 (sur 10) pour les entreprises classiques, soit près de 20 % de plus.
L’explication tient aux perceptions qu’elles suscitent. Les entreprises à mission sont jugées plus chaleureuses, avec des scores autour de 5, contre 3 à 3,5 (sur 7) pour les entreprises classiques, avec ou sans actions RSE. Et aussi plus morales, car leur engagement n’apparaît pas opportuniste. À Montpellier, territoire sensible aux enjeux sociaux, environnementaux et à l’économie circulaire, cette authenticité trouve un public favorable. Un point reste décisif pour leur crédibilité économique : ces entreprises ne sont pas perçues comme moins compétentes. Produire autrement ne signifie pas produire moins bien. Acheter devient un acte porteur de sens, permettant de contribuer, même modestement, à une cause jugée utile. Ces émotions renforcent la préférence pour ces acteurs, notamment chez les jeunes actifs et les étudiants, dont les valeurs favorisent engagement, solidarité et transition écologique. L’écosystème montpelliérain joue un rôle clé dans cette dynamique. Des lieux comme la Halle Tropisme illustrent la capacité du territoire à conjuguer création, entrepreneuriat et gouvernance coopérative. Le CEIS, soutenu par la Ville, facilite l’accès à l’emploi, au numérique et à la santé pour les publics fragiles. Le portail Montpellier Impact fédère de nombreuses initiatives d’insertion et d’engagement citoyen, tandis que France Active Airdie Occitanie accompagne et finance des projets à impact, notamment via des événements comme le So Local Fest’. Les consommateurs ne doivent plus choisir entre qualité et impact. Les entreprises à mission sont perçues comme aussi compétentes que les acteurs traditionnels, avec en plus une dimension morale. Dans une métropole où innovation économique et enjeux sociétaux avancent de concert, ces modèles gagnent du terrain. Pour les entreprises traditionnelles, l’enjeu devient clair : intégrer une mission sociale authentique ou risquer de perdre en attractivité.











