Lionel Luquin (IMT Mines Albi-Carmaux) : « Apporter des réponses aux besoins des entreprises »
À l’occasion des trente ans de l’IMT Mines Albi-Carmaux, son directeur Lionel Luquin détaille pour La Lettre M le plan stratégique 2023-2027 de l’école d’ingénieurs tarnaise (989 étudiants, 76 enseignants), axé sur les enjeux des transitions écologique, numérique et industrielle.
Quels sont les objectifs de votre nouveau plan stratégique ?
Nous avons choisi de concentrer nos efforts sur cinq actions structurantes : développer la recherche et la formation à l’international grâce au renforcement de partenariats, diversifier le recrutement et le profil de nos ingénieurs, promouvoir la transversalité dans les recherches, transformer le campus et soutenir le développement économique territorial. Ce plan doit avoir un impact fort, à la fois sur les étudiants et sur les entreprises.
Le 30 novembre dernier, vous avez présenté la future plateforme du campus commun avec le Georgia Institute of Technology, aux États-Unis. Quelle est sa mission ?
Nous avons créé un laboratoire international et un programme de formation immersif partagé avec cette université américaine et sommes en train de monter un Master. L’idée est de renouveler ce dispositif de campus immersif hybride et partagé avec quatre ou cinq universités européennes de renom. Cela s’inscrit dans l’objectif de développement à l’international, pour lequel nous allons aussi encourager l’accueil d’étudiants francophones et accroître l’offre de formation adaptée au public anglophone.
Vous annoncez vouloir diversifier le profil de vos étudiants. Comment allez-vous procéder ?
Nous allons renforcer nos partenariats et mettre en place un dispositif d’admissions parallèles qui pourrait représenter par exemple 30 % des admis dans une promotion, car la classe préparatoire reste un biais important. L’admission sur titre pourra se faire grâce à des coopérations avec des universités, notamment en s’appuyant sur des licences sélectives. Un projet est d’ailleurs en cours pour proposer, dès la rentrée 2024, un parcours sélectif « Cycle ingénieur » aux étudiants en licence physique-chimie de l’INU Champollion, à Albi.
Parmi les axes structurants du plan se trouve la transversalité dans la recherche. En quoi est-elle essentielle, de votre point de vue ?
Auparavant, il y avait une grande segmentation entre les activités, mais à travers certains projets comme celui de l’Ecotrain développé depuis 2022, nous
nous sommes aperçus que l’on pouvait faire travailler nos trois centres de recherche ensemble et même collaborer avec d’autres écoles. Nous apportons ainsi des réponses à des besoins d’entreprise beaucoup plus globaux, et avons plus de chances de voir émerger ces réalisations dans la société. Il me semble très important de travailler cette pluridisciplinarité, qui pourrait par exemple s’appliquer dans le champ de l’hydrogène.
Le plan prévoit aussi de transformer le campus de 22 hectares en un démonstrateur des solutions conçues par l’IMT Mines Albi-Carmaux...
Nos bâtiments des années 1990 paraissent aujourd’hui anachroniques. Nous ne voulons pas détruire pour reconstruire mais reconfigurer l’existant afin de le rendre plus efficace par rapport aux usages, mais aussi moins énergivore. À travers cette transformation, axée sur le développement durable, nous pourrons montrer à nos partenaires l’ampleur des champs dans lesquels nous intervenons.
Le dernier axe du plan concerne le soutien au développement économique territorial. Quelle est votre stratégie en la matière ?
Nous voulons faire émerger de nouvelles idées et les diffuser auprès de nos partenaires, grands groupes et PME-PMI, mais aussi développer la compétitivité en leur offrant un accès privilégié à des technologies deeptech.











