Les vins de Plaimont se réinventent pour séduire les nouveaux consommateurs
Malgré une année marquée par un volume de pluie historique, la coopérative viticole gersoise Plaimont est parvenue à enregistrer une faible croissance en 2023. Elle mise sur de nouveaux vins pour prospérer, avec le lancement d’un Jurançon sec du Piémont pyrénéen.
« C’est une réelle satisfaction dans ce contexte de déconsommation et de difficultés climatiques extrêmes », confie à La Lettre M Olivier Dabadie à propos de la croissance de l’union de vignerons Plaimont, qu’il préside. La coopérative gersoise enregistre un chiffre d’affaires de 77 M€ en 2023, en hausse de 2 %. Produisant 45 % des vins AOC issus du Piémont pyrénéen (dont 98 % de part de marché sur l’appellation Saint Mont), la cave coopérative a notamment lancé en 2023 une appellation de Jurançon sec dont elle a vendu 200 000 bouteilles sur un total de 30 millions de cols toutes appellations confondues. Réalisant plus de 50 % de son CA à l’export, Plaimont rassemble 600 vignerons pour 5 300 hectares et emploie 180 personnes.
Innover pour survivre
Malgré cette croissance, Olivier Dabadie, lui-même propriétaire d’une exploitation viticole, rappelle que 2023 a été marquée par des intempéries record, qui ont causé plus de 1 M€ de dégâts sur les outils des vignerons de Plaimont, avec plus de 10 M€ de pertes de raisins. « Chez nous, il a plu plus de 1 300 millimètres d’eau, contre 1 000 en moyenne. Au cours du seul mois de juin, 330 millimètres sont tombés, et en comptant le mois de mai, il a plu 42 jours sur 60. Mais nous ne sommes pas les seuls à avoir subi une année extrême d’un point de vue climatique : certaines régions ont vu dix fois moins d’eau que nous, et c’est encore plus problématique. De grandes régions sont en péril. » L’évolution de la consommation est également un enjeu pour la coopérative, qui n’hésite pas à lancer des vins « plus frais, plus gourmands et moins forts en alcool » pour séduire une nouvelle clientèle. « Nous voulons réinventer le modèle, amener de la vie, de la dynamique, indique Olivier Dabadie. Nous pensons que les gens ne veulent pas boire la même chose qu’il y a quinze ans, et les filières qui souffrent sont celles qui font des vins comme leurs parents ou leurs grands-parents. C’est concret : nos nouveaux vins ont la cote. »











