Olivier Fabre (Communauté d’agglomération de Castres-Mazamet) : « Nous sommes un territoire ami de l’industrie »
Premier maire de Mazamet à prendre la tête de la Communauté d’agglomération Castres-Mazamet dans le Tarn, Olivier Fabre aborde son mandat avec l’A69 comme principal levier de développement. Dans un entretien accordé à La Lettre M, il affiche son ambition de renforcer l’attractivité économique et résidentielle du territoire, de capter de nouveaux investissements industriels et d’améliorer les connexions vers Toulouse et la Méditerranée. « Nous sommes un territoire ami de l’industrie », revendique l’élu, qui souhaite également accélérer les investissements dans les mobilités et le foncier d’entreprise. Parmi ses priorités figurent notamment l’aménagement de la ZAC du Causse et le renforcement des liaisons ferroviaires avec Toulouse.
Vous venez de prendre les rênes de la Communauté d’agglomération de Castres-Mazamet. Quelle est votre feuille de route pour ce mandat ?
Cette élection intervient à un moment stratégique pour notre territoire. Avec l’arrivée prochaine de l’autoroute A69, Castres-Mazamet s’apprête à vivre un changement majeur. Pour la première fois, nous serons correctement reliés à Toulouse, notre capitale régionale. C’est un moment charnière qui va ouvrir de nouvelles perspectives de développement. Notre priorité est claire : renforcer l’attractivité économique et démographique du territoire. Depuis plusieurs décennies, nous subissons les conséquences de l’enclavement avec une perte de population et un déficit de visibilité à l’échelle régionale. Nous voulons inverser cette tendance en attirant davantage d’entreprises, d’investissements et de nouveaux habitants.
Selon vous, le territoire dispose-t-il des atouts nécessaires pour redevenir un pôle industriel majeur en Occitanie ?
Castres-Mazamet possède une véritable culture industrielle. Peu de territoires en Occitanie peuvent revendiquer une telle densité d’activités industrielles. Lorsque les métiers traditionnels ont été emportés par la mondialisation, les entrepreneurs locaux ont démontré une capacité de résilience remarquable en développant de nouveaux secteurs comme l’agroalimentaire, le textile ou encore les cosmétiques. Cette reconversion réussie constitue aujourd’hui un atout considérable. Nous sommes un territoire ami de l’industrie, et ce n’est pas si fréquent en France. Mon objectif est de capitaliser sur cet héritage pour attirer de nouveaux investisseurs et permettre aux entreprises de se développer dans un environnement favorable.
De nombreuses villes moyennes cherchent à attirer de nouveaux habitants en mettant en avant leur qualité de vie. Quels sont les arguments de Castres-Mazamet face aux grandes métropoles ?
Le premier argument est évidemment l’amélioration des connexions avec Toulouse grâce à l’A69. Cela va considérablement réduire les contraintes de déplacement et renforcer notre attractivité résidentielle. Mais le territoire dispose aussi de deux atouts structurels. D’abord, nous bénéficions de deux pôles urbains complémentaires, Castres et Mazamet, qui concentrent l’ensemble des services attendus aujourd’hui : établissements scolaires, services publics, commerces, équipements sportifs et culturels. Ensuite, cette trame urbaine s’inscrit dans un environnement naturel exceptionnel, entre campagne et montagne. Nous pouvons offrir à la fois les services d’un bassin de vie structuré et une qualité de vie difficile à retrouver dans les grandes métropoles.
Les mobilités restent un enjeu central pour le sud du Tarn. Comment éviter que le territoire soit encore perçu comme périphérique par rapport aux grands flux économiques régionaux ?
L’A69 constitue une étape essentielle, mais il faut aussi replacer Castres-Mazamet dans son positionnement géographique naturel, à mi-chemin entre Toulouse et la Méditerranée. Cela passe par la poursuite des aménagements routiers vers Béziers afin de fluidifier les liaisons et de renforcer notre connexion avec le littoral. Je crois également beaucoup au ferroviaire. J’appelle de mes vœux des investissements importants sur les lignes entre Mazamet, Castres et Toulouse afin d’obtenir davantage de cadencement, des temps de trajet réduits et une meilleure régularité. Avec l’arrivée de la LGV Bordeaux-Toulouse, il est indispensable que les villes moyennes connectées à Toulouse puissent elles aussi bénéficier d’infrastructures performantes. Je pense que cette réflexion n’est aujourd’hui pas suffisamment intégrée dans les politiques d’investissement de l’État. À l’échelle de l’agglomération, nous poursuivrons également les efforts engagés sur les transports publics gratuits, avec un travail sur les dessertes, les correspondances et les horaires afin de faciliter les déplacements du quotidien.
Dans un contexte budgétaire contraint, quels sont les investissements que vous jugez prioritaires pour préserver l’attractivité du territoire ?
Nous devons maintenir un équilibre entre développement économique et qualité de vie. Sur le plan économique, l’un des enjeux majeurs concerne la zone d’activités du Causse, entre Castres et Mazamet. Nous devons poursuivre les travaux de viabilisation afin de proposer une offre foncière immédiatement disponible pour accueillir de nouvelles entreprises. Parallèlement, nous devons continuer à investir dans les équipements qui participent directement à l’attractivité résidentielle du territoire. Cela concerne notamment les équipements culturels, comme la médiathèque de Castres qui nécessite une modernisation, mais aussi les infrastructures sportives et de loisirs. Ces investissements répondent à une attente forte des habitants et contribuent à renforcer l’image du territoire auprès des actifs et des familles que nous souhaitons attirer.











