Les Travaux Publics redoutent la destruction de 3 000 emplois d’ici à 2017 en L.-R.

La FRTP L.-R., présidée par Olivier Giorgiucci, interpelle les collectivités locales pour qu’elles relancent leurs investissements an matière de travaux publics. « La prise de commandes s’effondre de 25 % entre les 1er semestres 2013 et 2014 », indique-t-il jeudi matin lors d’une conférence de presse à Montpellier. Une étude de la cellule économique régionale du BTP (www.cerbtplr.fr, en bas de page, publiée le 23 juillet, « les dépenses de BTP des collectivités territoriales du L.-R.) met en exergue une baisse moyenne de 19 % des dépenses TP des collectivités dans leurs budgets primitifs 2014 (cf. ci-contre), « à l’exception de la Région L.-R. ». Pour les donneurs d’ordres qui maintiennent leurs volumes, comme ERDF, « les prix dévissent jusqu’à 40 % », glisse un membre de la FRTP.
Lobbying pour la relance de la ligne 5 du tramway
Les perspectives 2015 inspirent à la FRTP L.-R. « de grandes inquiétudes. La baisse des dotations d’Etat aux collectivités et l’abandon de l’écotaxe par la gouvernement auront des conséquences mécaniques sur notre activité, déclare Olivier Giorgiucci. Va-t-on perdre 10 % ou 40 % ? On n’en sait rien. Ca dépend du choix des élus des collectivités de la région. Il faut entretenir et développer les réseaux et les infrastructures. Il en va de l’attractivité d’un territoire, et les défauts d’investissements génèrent, plus tard, une explosion des coûts de réparation. On demande de lancer immédiatement les opérations budgétées et prévues, dont le ligne 5 du tramway de Montpellier (suspendue par Philippe Saurel, et dont le financement par l’Etat n’était pas assuré, NDLR). Certains élus ne semblent pas avoir pris conscience des conséquences sociales du repli des investissements. » D’après Olivier Rouquette (délégation de Montpellier), la relance de la ligne 5 de tramway mobiliserait « 300 emplois à partir de 2015, sur trois ans ».
D’après la Banque Postale, cet impact génèrera, en 2015, entre 600 destructions d’emplois (scénario optimiste, baisse des dépenses de fonctionnement de 1 % par an) à 2 550 (scénario noir, recettes moins dynamiques que prévu), en passant par 1 050 (maintien du rythme actuel). « Dans les trois prochaines années, 3 000 emplois sont menacés », martèle Olivier Giorgiucci.
L’activité routière est à ce jour la plus touchée, avec 750 salariés pour lesquels des demandes d’activités partielles ont été déposées sur six mois (à partir de septembre) auprès de la Direccte (300 pour Eiffage TP, 300 pour les établissements Aude et P.-O. de Colas et 150 pour Eurovia). La FRTP a obtenu de certains maîtres d’ouvrage publics (dont le conseil général de l’Hérault) que les clauses d’insertion sociale sur les chantiers soient assouplies dans leur mise en oeuvre, pour les entreprises qui ont déposé des demandes d’activité partielle.
CNM et A9 : 5 % de l’activité régionale
Si les deux grands chantiers (contournement Nîmes-Montpellier et déplacement de l’A9, lancés simultanément) nourrissent l’activité, « cela ne représente que 5 % de l’activité régionale de notre secteur. Les grands chantiers dégagent un effet visuel, parce qu’ils sont spectaculaires et médiatisés. Sans eux, notre situation serait encore plus dramatique. Mais il faut garder en tête la juste mesure de leur impact sur notre activité ». Les professionnels invoquent l’importance des petits travaux de viabilisation, canalisation ou entretiens. « C’est la multiplicité de petites opérations qui nous font vivre au quotidien. L’avantage de ces opérations modestes est qu’elles sont plus facilement finançables, et qu’elles peuvent être lancées rapidement, car pas soumises aux mêmes contraintes réglementaires. »










