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Région Occitanie
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Industrie
| 22/03/2022

Les plasturgistes fragilisés par la hausse des cours

Fragilisés par la crise sanitaire et les difficultés d’approvisionnement, les plasturgistes s’inquiètent des conséquences du conflit en Ukraine. « La majorité des matières plastiques étant issue de produits pétrochimiques, la hausse des cours du pétrole va augmenter encore le prix de nos matières premières », a expliqué mi-mars à La Lettre M Nathalie Hackenberger, vice-présidente de Polyvia Occitanie, syndicat régional des plasturgistes. « Je ne connais pas une matière plastique qui n’a pas augmenté d’au moins 20 % depuis un an et demi. Certaines ont même vu leur prix augmenter de 200 % » a rajouté celle qui est aussi directrice générale de MPM, entreprise muretaine spécialisée dans la transformation des matières plastiques.

Un coup dur pour les 146 entreprises de la région employant 4 300 personnes, déjà touchées par la hausse des prix des matières premières. D'autant plus qu'à ce premier surcoût, s’ajoute celui de l’énergie. « La transformation de matières plastiques nécessite l’usage de machines qui consomment beaucoup d’électricité, a expliqué la dirigeante. Pour ma part, le contrat d’énergie de MPM arrive à échéance en octobre, je crains de voir les prix doubler ou tripler », s'est-elle inquiétée.

La difficile répercussion des coûts
Autre difficulté : la hausse des prix de l’outillage. « Nos moules proviennent d’Asie. Or, ils deviennent de plus en plus chers du fait des prix de l’acier et des carburants ». Selon la dirigeante, quelques entreprises - en France et au Portugal notamment - proposent des moules en acier. « Ils sont très sollicités en ce moment ».
​Dans ce contexte tendu, certains plasturgistes se retrouvent dans une impasse : « Lorsque l’on a signé avec un client un contrat à l’année avec un prix fixe, on est obligé de l’honorer sans pouvoir répercuter la hausse des coûts de production », a expliqué Nathalie Hackenberger. Ceux qui n’ont pas de contrats annuels peuvent adapter leur prix à chacune des commandes… tant qu’il y en a. « Nous n’avons pas encore constaté de ralentissement de l’activité, mais si la situation perdure, nous craignons une diminution des commandes », a conclu la chef d’entreprise.

 

Bérengère Bosi / bosi@lalettrem.net
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