Les moteurs Métropoles
Les métropoles de Toulouse et de Montpellier concentrent, l’an dernier, 87 % des créations nettes d’emploi en LRMP, alors que ces deux entités ne représentent ‘que’ la moitié des emplois salariés marchands non agricoles, précise, le 31/5 à Toulouse, Jean-Philippe Grouthier, directeur régional de l’Insee en LRMP. « Il y a un écart massif, en termes de dynamisme économique, entre les deux métropoles et le reste du territoire régional. Et c’est une tendance de long terme. » En LRMP, le nombre de salariés dans le secteur marchand non agricole (1 165 000) progresse de 1,2 % (+ 13.700 salariés) l’an dernier, « soit la plus forte progression depuis cinq ans. C’est aussi la plus forte augmentation depuis 2008. Le LRMP est l’une des rares régions où l’emploi dépasse le point d’avant la crise ».
Avec un gain de 10.300 salariés, le secteur tertiaire est le moteur de l’emploi régional. L’emploi salarié fait, en 2015, un bond de 2,5 % dans l’Hérault (+ 5.400), de 1,7 % en Haute-Garonne (+ 6.700) et de 1,5 % dans le Tarn-et-Garonne (surtout lié à l’intérim). Trois départements affichent un solde net négatif : la Lozère, le Gers et les Hautes-Pyrénées, ce département accusant une 5ème baisse consécutive. Le nombre d’emploi dans services aux entreprises bondit, en LRMP, de 3,1 % (+ 5.600 emplois), le commerce de 1,1 %.
Démographie. Outre les secteurs de l’agriculture/agroalimentaire, de l’aéronautique/spatial et du tourisme, Jean-Philippe Grouthier désigne la croissance démographique comme l'un des carburants du dynamisme régional. « 50 000 nouveaux habitants arrivent chaque année en LRMP, soit l’équivalent d’une commune comme Narbonne ! Et, sur 12 ans, la croissance démographique équivaut aux agglomérations de Tarbes, Montauban et Montpellier cumulées. En termes de besoins en équipements publics, 12 ans, c'est du court terme. » D’après lui, le poids démographique du LRMP « dépassera celui de Nord-Pas-de-Calais-Picardie en 2019 et celui d’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charente en 2020, pour devenir la 3ème région la plus peuplée de France, après l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes ».
L’Insee présentera le 8 juillet une étude relative à la création d’entreprise, avec des détails sur les taux de survie, en lien avec Pôle emploi et la Direccte. « Il faut faire attention aux chiffres, prévient Jean-Philippe Grouthier. Beaucoup d’entreprises créées sont des structures individuelles, avec des taux de survie à 3 ans et 5 ans très disparates. Et s’il y a beaucoup de créations, c’est aussi parce qu’il y a beaucoup de défaillances. »
En matière de tourisme, avec 51 millions de nuitées (4ème région française), la fréquentation augmente de 1,2 % l’an dernier (+ 1,3 % pour les hôtels, + 0,7 % pour les campings, + 2 % pour les autres hébergements). La construction continue de détruire des emplois, malgré un rebond de 4 % des mises en chantier (+ 2 % au niveau national). « Les logements neufs sont tirés par la promotion et les logements sociaux. A l’inverse, les maisons individuelles chutent pour la 4ème année consécutive », observe Camille Fontès-Rousseau, cheffe de la division conjoncture Insee en LRMP. D’après l’experte, l’industrie (20 % de l’emploi salarié marchand non agricole) est stable (- 0,1 %). Si la construction aéronautique et spatiale, et la fabrication de matériel de transport en général, génèrent 1.400 créations d’emploi, la fabrication d’autres produits industriels perd 1.600 emplois.
L’agriculture présente une « offre supérieure à la demande », du fait de l’embargo russe et du ralentissement de la croissance chinoise.
Quant au taux de chômage régional, il baisse de 12,3 % à 12 % (France métropolitaine : de 10,1 % à 10 %), « une baisse qu’on n’avait pas vue depuis cinq ans. Mais le LRMP est la 2ème région la plus touchée par le chômage, après Nord-Pas-de-Calais-Picardie ».










