
Moncigale devrait terminer l’année avec un résultat d’exploitation entre - 1,5 et - 2 M€, selon un délégué syndical CFDT du négociant en vin beaucairois, sur un CA avoisinant les 123 M€, contre 113 en 2011. Ces prévisions, moins favorables encore que ce que le syndicat prévoyait en fin d’été (- 1 M€), sont de mauvais augure alors que l’une des planches de salut de Moncigale, en redressement judiciaire depuis juillet dernier, serait de trouver un repreneur. « Ce qui nous manque, c’est le développement à l’export, pour réaliser des marges plus importantes, indique-t-on au syndicat. Aujourd’hui, le marché franco-français est saturé ». Malgré le développement de la marque Wine & Fruits, spécialité de rosé pamplemousse, qui devrait atteindre 6 M de cols de 2012, les prévisions ne sont pas roses : un plan de désendettement devait être présenté dans l'entreprise cette semaine par l’administrateur judiciaire, avant d’aller devant le tribunal en décembre, pour obtenir un plan de continuation de l’entreprise. Il préconise en priorité la recherche d’un repreneur. Pour l’heure, aucun ne s’est fait connaître.
Belvédère presque sauvé, quid de Moncigale ?
Le groupe Belvédère, propriétaire de Moncigale via Marie Brizard, et dont le siège est à Beaucaire depuis septembre 2011, vient par ailleurs d’annoncer que ses créanciers avaient approuvé les propositions d’apurement de son passif (440 M€). « C’est un message optimiste, assure-t-on de source proche de la direction. Les créanciers ont accepté de retirer toutes les poursuites judiciaires. On peut considérer que le groupe est désormais libéré de sa dette. » Pour que cela devienne effectif, il faudrait que les actionnaires approuvent l’un des scénarii retenus lors d’une AG extraordinaire qui devra impérativement être rassemblée avant le 20 mars 2013. Ils ont le choix entre accepter la dilution des actions par une augmentation de capital réservé aux porteurs de la dette, ou alors vendre un ou plusieurs actifs. Marie Brizard, maison mère de Moncigale semble l’une des opportunités principales, car c’est l’une des branches les plus rentables du groupe Bélvédère. C’est d’ailleurs la crainte principale des syndicats à Moncigale, qui redoutent une vente par appartement dans laquelle le négociant en vin serait laissé pour compte : « On ne connaît pas encore la stratégie précise du groupe. Mais si Marie Brizard est vendue sans nous, qu’est-ce qu’il va nous rester ?, s'inquiète la CFDT. On a construit des relations avec eux, les commerciaux de Marie Brizard vendent nos produits. »
Toujours selon un proche de la direction de Belvédère, cette éventualité est la moins probable : « Des offres ont été faites, notamment pour Marie Brizard, mais ces marques étant en redressement judiciaire, les potentiels acquéreurs en offrent trop peu. Les actionnaires ont tout intérêt à accepter la dilution de la dette. » Et d’assurer qu’il est peu probable, comme les autres marques du groupe, que Moncigale soit placée en liquidation. « Si le projet de désendettement est validé, le groupe redevient rentable. Selon l’administrateur judiciaire, Belvédère devrait obtenir une prolongation de la période d’observation. Et les investissements pourront être relancés. »