Le groupe tarnais Surplus Recyclage investit 2 M€ dans l’intelligence artificielle
Le groupe Surplus Recyclage (GSR, 209 salariés, 48 M€ de chiffre d’affaires), spécialiste du recyclage des véhicules et matériels roulants hors usage, va investir environ 2 M€ dans des projets liés à l’intelligence artificielle (IA). Cela concerne principalement la mise sur le marché de pièces démantelées et réparées, explique Laurent Hérail, président : « L’objectif est d’être en permanence connecté au marché en améliorant l’algorithme qui détermine les prix d’achat et de revente des pièces. L’IA pourra également décotter une pièce qui a un impact, par exemple. » En 2022, GSR a inauguré à Gaillac un complexe industriel de 30 ha lui permettant de traiter plus de 60 000 véhicules par an, pour un investissement de 30 M€.
Au total, le groupe Surplus Recyclage rassemble six entités différentes, chacune spécialisée dans une étape du processus du recyclage comme le démantèlement ou la revente en ligne des pièces d’automobile, de moto, de tracteur ou de camion en passant par la réparation ou le recyclage des matières. Avec une capacité de stockage de plus de 1,5 million de pièces provenant très majoritairement des assurances et « qui partent parfois plus de 18 mois après être arrivées », selon le président de l'entreprise, GSR dispose de suffisamment de foncier pour se développer davantage dans les années à venir. Avec un fort potentiel de croissance, selon Benjamin Hérail, fils du président et désormais directeur général du groupe : « En France, la pièce détachée d’occasion représente 4 % du marché de la pièce de rechange quand dans les pays du nord et du sud de l’Europe tels que l’Espagne ou l’Italie, on en est déjà à 20 %, voire à plus de 25 % aux États-Unis. »
Annuellement, le groupe tarnais reconditionne plus de 160 000 pièces, ce qui représente 16 000 tonnes de matières. Avec une moyenne de 25 pièces démantelées par véhicule, GSR prévoit de réaliser 54 M€ de chiffre d'affaires en 2024, une activité partagée à 60 % sur le marché des professionnels et à 40 % pour la vente de pièces aux particuliers. Plus de 90 % des transactions se font via ses sites marchands.
Le marché des batteries électriques dans le viseur
La dernière venue dans la galaxie Surplus recyclage est une filiale nommée GSR Energy, créée en 2023 et destinée au reconditionnement des batteries électriques. Cette nouvelle entité est notamment destinée à accompagner le projet « Power2024 » du toulousain Actia visant à électrifier les véhicules lourds et pour lequel le groupe gaillacois a été retenu afin de « désassembler, valoriser et reconditionner les batteries » et d'« identifier des débouchés de valorisation ». Cependant, le flux constant de normes européennes pourrait mettre en péril ce marché en devenir, selon Laurent Hérail, qui s’exprime à l’occasion de la venue de Fabrice Le Saché, vice-président du Medef, au siège de GSR : « Les réglementations vont vers l’excès. Certaines sortent à deux mois d’écart et sont contradictoires ! Évidemment que c’est positif lorsque nos produits sont reconnus au niveau européen grâce aux certifications de l’Union européenne, mais sur le marché des batteries électriques, les véhicules sont arrivés en masse et très rapidement et nous ne savons pas et ne pouvons pas encore les réparer car ce n’est pas bien encadré. Nous savons que cela va être un marché phénoménal, mais nous ne pouvons pas avancer, alors que d’autres pays sont déjà dessus… »











