Le groupe Recaero investit 5 M€ dans son outil de production
Le groupe ariégeois Recaero, spécialisé dans la fabrication de pièces de rechange, sous-ensembles et kits de modification pour l'industrie aéronautique, investit « plus de 5 M€ » dans son outil productif, indique à La Lettre M Nicolas Pobeau, président. « 2,7 M€ seront injectés dans le renforcement du parc machines de nos sites de Verniolle et de Mirepoix, tandis que 2,4 M€ seront dédiés à l'agrandissement de notre atelier indien, où nous allons construire une unité de traitement de surface », précise-t-il avant d'évoquer un projet de croissance externe aux États-Unis : « Nous recherchons une société générant 8 à 10 M€ de chiffre d'affaires. » Recaero, qui compte 300 salariés en France et 280 en Inde, vise 50 M€ de CA cette année.
Des obstacles et des solutions
Fortement impacté par la crise sanitaire, le groupe devrait retrouver l'an prochain son niveau d'activité d'avant-crise, soit environ 52 M€ de CA. Mais si son carnet de commandes « n'a jamais été aussi plein », il demeure confronté à un certain nombre de difficultés. « Tout d'abord, les matières premières, qui demeurent difficiles à se procurer, soupire Nicolas Pobeau. Les choses tendent à s'améliorer du côté de l'aluminium et du titane, mais pour l'inox, cela reste compliqué… Nous espérons qu'il y aura moins de tensions fin 2023-début 2024. »
Autre écueil : le recrutement, sur un marché particulièrement tendu. « En France, nous recherchons une bonne vingtaine de personnes, principalement des usineurs, des chaudronniers, des contrôleurs, mais aussi des ingénieurs qualité, indique le dirigeant. C'était déjà difficile avant la crise ; ça l'est encore davantage aujourd'hui. Cela nous pousse à nous poser des questions, à travailler sur notre marque employeur. » Le groupe a par ailleurs réactivé son centre de formation interne fondé en 2008 à Verniolle et mis en stand-by pendant la crise. « Depuis mai dernier, nous accompagnons une nouvelle promotion d'une vingtaine de personnes, explique Nicolas Pobeau. Nous devrions en recruter à terme quatre ou cinq. Les autres seront amenées à intégrer des entreprises industrielles du bassin ariégeois. » Sur ce front du recrutement, Recaero mise également de plus en plus sur l'alternance.
Investissement et croissance externe
Le plan d'investissement de 5 M€ déployé par le groupe ariégeois – principalement financé par de la dette bancaire – doit lui permettre de répondre aux demandes croissantes de ses clients. « Nous avons du boulot et devons mettre des ressources en face, résume Nicolas Pobeau. Il faut que nous mettions la gomme ! » Une stratégie qui passera également par une présence aux États-Unis via un rachat espéré pour « mi-2024 ». « Notre objectif est de travailler avec des acteurs nord-américains comme Boeing et Pratt & Whitney, mais aussi d'accompagner nos clients actuels disposant d'entités aux États-Unis, précise le chef d'entreprise. Nous en sommes à l'étape de la constitution d'une short list et des premiers contacts. » Recaero, qui entend être majoritaire au capital de l'entreprise américaine qu'elle reprendrait, n'exclut pas la présence d'actionnaires locaux, « pour nous guider sur le marché ».
Le groupe, qui a enregistré environ 40 M€ de CA l'an dernier, table sur 50 M€ cette année, avec un prévisionnel prudent de « 5 % de croissance organique annuelle » dans les prochains exercices.











