Le froid retarde les pêches et abricots de la région

Les pêches et abricots n’aiment pas le froid, et ça se voit. Pêches et Nectarines de France (21 producteurs, allant du Roussillon aux monts du Lyonnais en passant par le Gard, la Crau et vallée du Rhône), groupement pesant la moitié de la production nationale, ne retrouvera la production équivalente à l’an dernier qu’à partir de mi-juillet, indique Raphaël Martinez, directeur de la Fédération des fruits et légumes Languedoc-Roussillon.
Les pêches (130 000 tonnes) arriveront sur les étals avec un bon mois de retard, mais à un niveau de production presque équivalent à 2012 (- 5 %). La crainte : un été tronqué. « S’il fait mauvais à partir du 20 août, les consommateurs se rabattront sur les pommes et les bananes. Si, par contre, c’est l’été indien, ce décalage de production n’aura finalement pas d’impact », souligne Raphaël Martinez.
Une météo peu propice à la consommation
Même retard pour Abricots de France (25 producteurs), avec un recul de production plus marqué (- 15 %) et des disparités régionales. Le Roussillon retrouve des couleurs (prévisionnel de récolte 2013 : + 23 %), tandis que le Languedoc et la Provence souffrent (- 37 %). « La faute au gel des 15 et 16 mars, et à de mauvaises conditions météo qui ont causé des difficultés de pollinisation », précise-t-il.
Le mauvais temps impacte aussi la consommation. « Quand il fait mauvais, le client n’est pas au rendez-vous, surtout pour les fruits d’été », explique Jean-Pierre Bails, président de la coopérative La Melba (30 producteurs du Roussillon). Raphaël Martinez renchérit : « concernant les tomates, produites sous serre et donc non influencées par le temps, le problème, c’est la consommation. Avec ce mauvais temps, on n’a guère envie d’une salade riz-tomate ou d’un gaspacho ! »
Habitués aux aléas climatiques, les producteurs ne cèdent pas à la panique. Le déploiement des outils de communication (campagnes radio et télé, publicité sur lieu de vente) est retardé, pour être en phase avec la production. Et Jean-Pierre Bails lance un appel à la mode : « Mangez des fruits français ! »










