Laurent Boissonade (Medef L.-R.) : « le gouvernement est à la croisée des chemins »
Interviewé par La Lettre M à l’Université d’été du Medef (campus HEC, Jouy-en-Josas, Essonne), après le discours du Premier ministre Manuel Valls, Laurent Boissonade, président du Medef L.-R., a déclaré : « le gouvernement est à la croisée des chemins. L’équipe "Valls 2" a une orientation socio-libérale claire. Elle porte aussi une réforme des territoires, qui fait couler beaucoup d’encre, et nous amène à réfléchir sur le rôle de nos régions à l’avenir. Nous sommes favorables à la réduction du millefeuille administratif et des dépenses, pour générer des flux et des synergies entre les territoires. » Mais, selon l’entrepreneur audois (Leclerc Carcassonne), « vu que la croissance est complètement atone, on peut imaginer une nouvelle augmentation du chômage s’il n’y a pas de regain de confiance immédiat dans les prochains mois. Dans ce cadre, le L.-R. ne serait pas épargné. »
Pour relancer l’économie régionale, Laurent Boissonade prône la nécessité d’une plus forte politique industrielle, « au-delà du service et de l’agriculture. Le secteur industriel, c’est là où il y a la vraie création de richesses. En ce sens, la fusion avec Midi-Pyrénées, qui a une plus forte culture industrielle, et qui permettra au territoire élargi d’atteindre une masse critique, pourrait nous aider. »
Concertation en amont et réactivité des administrations
Qu’attend le Medef L.-R. (représenté par une délégation de 15 membres sur le campus HEC) en cette difficile rentrée économique ? « Que le chef d’entreprise soit consulté avant les décisions politiques ! Prenons l’exemple régional des PRAE (parcs régionaux d’activité économique, NDLR) : ils ont été créés sans que les chefs d’entreprises aient été consultés. Les enjeux sont pourtant multiples : emplacement du PRAE, accessibilité, raccordement au très haut débit, taille des parcelles. Or, sur ces thématiques, les chefs d’entreprises sont les premiers intéressés. Et aujourd’hui, on est mis devant le fait accompli. »
Laurent Boissonade appelle également à une meilleure communication entre monde économique et administrations, « au-delà des postures et discours généraux ». Il évoque l’urgence, pour le développement économique régional, d’une instruction « plus rapide des permis de construire, des demandes d’autorisation etc... Quand un chef d’entreprise demande à investir, ça devrait être prioritaire ! Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Collectivités et services de l’Etat en viennent même parfois à se contredire entre eux, ce qui est très bloquant. »
Le discours de Manuel Valls, clairement pro-entreprise, est bien perçu par le patronat régional : « Il a insisté sur le fait que la relance passera nécessairement par celle de la construction (50 mesures pour le BTP seront annoncées ce vendredi, NDLR) et sur la simplification du code du travail. On s’inscrit dans cette démarche. Il n’est pas question de moins protéger le salarié, mais de pouvoir fluidifier le marché par un code du marché plus lisible et plus simple pour les services RH des entreprises. »










