Fil infos

Haute-Garonne
|
Aéronautique et spatial
| 11/12/2024

La start-up spatiale Alpha Impulsion planche sur une levée de 8 M€

© Pixabay - visuel d'illustration

La start-up spatiale toulousaine Alpha Impulsion, qui développe des lanceurs innovants, projette de lever 8 M€ début 2025 auprès d’investisseurs privés. « Une partie du montant cible a déjà fait l’objet d’accords de principe tandis que des fonds d’investissement spécialisés dans le spatial ou la deeptech ont déjà manifesté leur intérêt », indique l’entreprise de seize salariés, qui vise à terme un lancement de micro-fusée par semaine. D’ambitieux objectifs qui, selon ses projections, lui permettraient d’enregistrer jusqu'à 350 M€ de chiffre d’affaires annuel, avec un effectif de 500 salariés. Alpha Impulsion souhaite procéder rapidement aux premiers essais au sol, préalables au tir de son prototype de fusée autophage courant 2025.

Une technologie de rupture
Fondée en décembre 2022 dans la Ville rose par Marius Celette – avec Martin Gros, Lisa Buxton et Vincenzo Mazzella –, la société mise sur une technologie de rupture en vue de se faire une place sur le marché ultra-concurrentiel des services de lancement de petits satellites. La jeune pousse entend en effet procéder au « tout premier tir d’un véhicule autophage, dans lequel la propulsion est générée par la combustion du fuselage de la fusée elle-même ». Les équipes d’Alpha Impulsion ambitionnent, après une campagne d’essai au sol menée prochainement « dans un centre aéroportuaire du sud-ouest » de la France, de lancer « courant 2025 » leur première fusée prototype, de trois mètres de hauteur.
« Nous sommes sur le point de faire aboutir une technologie imaginée dans les années 1920 mais jusqu’à présent irréalisable, assure Marius Celette, président. Avec l’autophage, c’est la structure même du véhicule spatial qui assure une fonction de combustible et s’allège au fil du trajet vers son orbite. La fusée progresse dans l’atmosphère en se consumant à la manière d’une bougie. À la fin du vol, il ne reste que le moteur-fusée et le satellite ; tout le reste a été consumé. Mais notre innovation va bien plus loin : afin de tirer le meilleur parti du moteur-fusée autophage, nous y avons associé la propulsion hybride. Celle-ci permet un très haut niveau de poussée, de 300 kilonewtons dans le cas de notre lanceur orbital, ce qui est essentiel pour brûler rapidement la structure. »

Premier vol en 2028 ?
Après la phase d’essai, le premier vol du futur lanceur – nommé Grenat – de la société haut-garonnaise est envisagé pour 2028. Un véhicule spatial autophage hybride de 25 mètres de hauteur qui « affichera une capacité d’emport d’une tonne en orbite basse (LEO), principalement dédiée à des constellations de satellites et nanosatellites », précise Alpha Impulsion. La promesse ? « Être le service de lancement aux coûts les plus bas en Europe, le seul dédié aux petits satellites, avec un tarif égal voire inférieur à celui des gros lanceurs », résume Lisa Buxton, directrice produit. 
Alpha Impulsion fait partie des lauréats de la dernière édition du Prix Galaxie organisée par le Club Galaxie, association présidée par Catherine Lambert qui regroupe une centaine d’entreprises et d’institutions du secteur spatial et de son écosystème en Occitanie.

Alexandre Léoty / leoty@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie