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Haute-Garonne
| | 13/09/2023

À la Ref Toulouse, la directrice France de TotalEnergies défend la stratégie de décarbonation du groupe

© AG

Invitée de la soirée de clôture de l'édition toulousaine de la Rencontre des entrepreneurs de France (Ref), ce 12 septembre, Isabelle Patrier développe la grande transformation qui est à l'œuvre au sein du groupe TotalEnergies et ses conséquences RH. « Livreur de fioul, opérateur en raffinerie, ça n'existera plus demain. Nous sommes en train d'apprendre un nouveau métier, celui d'électricien, avec l'ambition d'être dans le top 5 mondial des producteurs d'électricité bas carbone en 2030 », explique la directrice France de TotalEnergies. Objectif du groupe : devenir une entreprise énergétique neutre en carbone en 2050.

5 Md$ investis en 2023 dans les énergies bas carbone

« Nous sommes progressivement en train de changer notre mix énergétique, en devenant de moins en moins pétrolier et de plus en plus gazier, car le gaz est l'énergie de transition », estime Isabelle Patrier. À l'heure actuelle, le système énergétique du groupe est basé à plus de 80 % sur les énergies fossiles mais TotalEnergies s'est fixé pour objectif 2050 un mix (production et ventes) composé à 50 % d'électricité et énergies renouvelables (solaire, éolien...), à 25  % de nouvelles énergies bas carbone (biofuels, biogaz, hydrogène et e-fuels/e-gaz) et à 25 % de pétrole, gaz naturel liquéfié et charbon. Pour y parvenir, le groupe prévoit d'investir massivement dans les énergies bas carbone : 5 milliards de dollars cette année, contre 4 milliards l'an dernier. Pas question pour autant de cesser d'investir dans les hydrocarbures car « 80 % des usages actuels de la planète nécessitent toujours des énergies fossiles. Nous devons certes réduire cette part mais aussi répondre à la demande de ceux qui veulent avoir accès à l'énergie. »

Des délais administratifs trop longs

Isabelle Patrier épingle au passage les pouvoir publics français qui freinent selon elle la dynamique de transition énergétique nationale, en ne délivrant pas assez vite les autorisations nécessaires : « En France, il faut sept ans en moyenne pour voir aboutir un projet de centrale solaire - soit trois fois plus de temps qu'ailleurs -, dix pour une centrale éolienne et quinze pour une centrale éolienne offshore. » La tâche se complique aussi au niveau RH car « on n'a aucune difficulté à trouver des ingénieurs en France mais on ne trouve pas d'opérateurs techniciens car on ne forme plus aux métiers intermédiaires, tels qu'électricien par exemple », regrette Isabelle Patrier, qui souligne pourtant l'attractivité de ces nouveaux métiers proposé par le groupe  Selon le dernier classement Universum, en 2023, parmi 130 entreprises, TotalEnergies est ainsi passé de la 41e à la 29e place chez les étudiants des business schools, et de la 19e à la 14e chez les étudiants ingénieurs. 

Aline Gandy / gandy@lalettrem.net
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