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| 9/07/2026

Olivier Giorgiucci (FRTP Occitanie) : « Nous lançons un appel aux élus pour sortir de l'attentisme »

© FRTP Occitanie

Président délégué de la Fédération régionale des travaux publics (FRTP - Délégation Méditerranée) Occitanie, Olivier Giorgiucci sonne l’alarme et déplore « l’immobilisme » des élus régionaux en évoquant la baisse d’activité du secteur et la chute brutale de la commande publique enregistrée depuis le début de 2026. « Cette situation n’est pas normale, explique-t-il. Elle dépasse le recul cyclique habituel que nous observons juste après les élections municipales. Nous lançons un appel aux élus pour sortir de l’attentisme. » De fait, sur les cinq premiers mois de l’année, le nombre d’appels d’offres de travaux publics émis par les collectivités régionales est en recul de 28 % sur un an avec 1 039 consultations.

Emploi impacté
Le représentant des entreprises du secteur pointe également l’impact de cette baisse de la commande publique sur le patrimoine des collectivités : « La chute des opérations dégrade l’entretien des infrastructures (routes, ponts, voies ferrées… NDLR) et des réseaux (eau, énergie… NDLR), et leur adaptation au changement climatique », explique-t-il. Exemples avec les Départements de l’Aude et de l’Hérault où les dépenses de travaux publics engagées en 2026 baissent respectivement de 26 % et 38 % pour s’établir à 32,2 M€ et 56,7 M€. « Nous savons gérer une baisse cyclique de 8 à 10 % pendant un an, poursuit-il. En revanche, moins 30 %, nous ne savons pas l'encaisser sans casse sociale. » Avec déjà des premières conséquences significatives sur l’emploi. « L’emploi ouvrier a baissé de près de 5 % au premier semestre 2026, constate Olivier Giorgiucci. Le nombre d’intérimaires, déjà à un niveau très bas, a diminué de 18 % depuis le début de l’année. Dans la région, plusieurs grandes entreprises – Colas, Razel, Eiffage… - ont mis en place des mesures de chômage partiel. Certaines ne peuvent plus honorer les clauses d’insertion sur les marchés en cours. Et plusieurs PME se sont vu refuser des plans d’activité partielle par les services de l’État. » Autre constat, plus de la moitié des entreprises sont en surcapacité en termes d’effectifs, selon lui : « Sans visibilité sur une reprise de l’activité, nos centres de formation ne se remplissent plus et les embauches sont gelées. Cela obère grandement l’avenir. » 

Attentisme inédit
Pour le représentant régional de la FRTP, le ralentissement des opérations qui suit traditionnellement les élections municipales ne suffit pas à expliquer la situation actuelle. « Habituellement, deux ou trois mois après l'installation des élus, les projets repartent, commente Olivier Giorgiucci. Or, nous sentons actuellement un blocage complet de la commande dans certaines collectivités, y compris sur des budgets déjà votés. Dans d’autres, des projets qui étaient lancés sont suspendus. Enfin, des appels d’offres qui avaient été publiés sont abandonnés. » Selon lui, les collectivités reportent leurs décisions d’investissement dans l'attente d'une meilleure visibilité sur les orientations budgétaires nationales à l’issue des prochaines échéances électorales, notamment l'élection présidentielle. Des choix jugés excessifs alors que les finances des communes restent globalement solides. « Leur capacité d’autofinancement s’améliorer et l’épargne brute des collectivités a progressé de plus de 7 % en 2B025 », souligne Olivier Giorgiucci… Avant de lancer un coup de gueule face aux discours de certains édiles : « J'en ai ras-le-bol d'entendre des élus nous expliquer qu'il faut attendre que les équipes soient installées, que les services se réorganisent ou qu'on y voie plus clair. La vie économique ne peut pas s'arrêter en attendant tout cela. La commande publique n'est pas faite pour occuper notre personnel. Nos entreprises sont les partenaires des collectivités pour entretenir et transformer les infrastructures. Les besoins sont toujours là, insiste-t-il. je ne peux pas admettre que nos emplois locaux disparaissent parce qu'on attend, alors que les budgets sont là. Il faut une prise de conscience de l'urgence. » En Occitanie, le secteur des travaux publics concentre plus de 2 000 entreprises employant 30 000 salariés pour un chiffre d’affaires global de 4,3 Md€ réalisés à 70 % auprès des collectivités. 

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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