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| 10/04/2026

« La priorité absolue de ce mandat est le développement économique »​, assure Michaël Delafosse, réélu à la tête de Montpellier Méditerranée Métropole

© Montpellier Méditerranée Métropole

Avec 89 voix sur 102 votants, Michaël Delafosse, maire (PS) de Montpellier est réélu le 9 avril président de Montpellier Méditerranée Métropole. À l’aube de ce nouveau mandat, le chef de file de la métropole héraultaise dresse la liste de ses grandes priorités pour les années à venir en faveur du développement économique du territoire. Morceaux choisis.

Le développement économique du territoire. « La priorité absolue de ce mandat est le développement économique. Nous devons créer de la richesse et de l’emploi dans notre territoire. Nous ne pouvons pas nous satisfaire que le taux de chômage dans la métropole de Montpellier soit quatre points supérieurs à la moyenne nationale. Tous ceux qui ont mené avec sérieux une campagne électorale ont rencontré des familles demandant de l’aide pour leurs enfants et leurs petits-enfants qui cherchent du travail. Nous devons agir avec nos universités, avec l’Éducation nationale, pour mieux qualifier. Afin de mieux accompagner les entreprises et soutenir le développement économique du territoire, nous adopterons un principe simple, à savoir de dire vite si nous pouvons aider ou pas. Le directeur général des services aura pour mission en priorité de réorganiser l’ensemble des dispositifs métropolitains et des satellites pour faire en sorte que notre territoire soit l’un des plus facilitateurs du développement économique. L’objectif de 30 000 emplois doit être le nôtre. C’est un objectif de la métropole et de chacune des communes qui la compose. C’est un élément clé pour que notre métropole puisse connaître un développement, créer de la richesse, la partager et satisfaire à l’emploi. »

Les mobilités. « Concernant les mobilités, nous avons rattrapé le retard. Toutefois, il n’y aura pas de 6e ligne de tramway. Il y aura cinq lignes de bus-tram qui commenceront à se déployer au nom de la solidarité métropolitaine à l’est de Montpellier jusqu’à Castries, Vendargues, Le Crès et également Castelnau-le-Lez, mais aussi à l’ouest, un secteur qui s’est souvent senti délaissé. Je le dis de manière résolue, il faut rejoindre facilement le rond-point de Genevaux. Puis, vers la fin du mandat qui nous est confié et en fonction du phasage budgétaire et des soutiens qui nous seront accordés, nous continuerons à mailler la ville-centre pour que la métropole soit dotée de 10 lignes de transports en commun à haute performance de service, soit cinq lignes de bus-tram et cinq lignes de tramway. Afin d'accompagner ce mouvement, nous devrons nous doter d’un nouveau dépôt pour pouvoir stocker notre matériel, l’entretenir et le réparer. Les mobilités seront également l’occasion de travailler avec Stephan Rossignol, président de Pays de l’Or Agglomération pour que notre tram sorte enfin des frontières de la métropole (un projet de tram vers l’aéroport est évoqué, NDLR). Il faut travailler sérieusement, voir les contraintes des uns et des autres. Mais c’est un objectif qui me semble tenable, en tout cas souhaitable. S’agissant des mobilités, nous devons agir sur ce projet de RER du littoral (projet de gare à Castelnau-le-Lez, NDLR). Aussi, dans le prochain budget figureront les crédits pour financer la LGV (Ligne nouvelle Montpellier-Perpignan) pour se connecter à l’Espagne, un projet promis en 1988 à Montpellier par le président Mitterrand à Felipe Gonzalez (ancien 1er ministre d'Espagne, NDLR). Certes, ce projet n’est pas pour l’échéance de ce mandat, mais il faut agir ici et voir loin. »

La gestion des déchets. « Si notre métropole peut revendiquer des politiques audacieuses et volontaristes, elle ne doit pas mettre sous le tapis ce qu’elle n’a pas su faire ces quarante dernières années concernant les déchets. Pour rappel, là où en moyenne on consacre 138 € par habitant pour traiter les déchets, la Métropole dépense 230 € par habitant. La contribution commune sur la TEOM (taxe d’enlèvement des ordures ménagères, NDLR), ce n’est pas pour financer la culture ou le sport, ni nos voiries ou l’éclairage public, ni pour financer l’attractivité du territoire ; c’est pour financer les 4 900 camions qui partent un peu partout dans les décharges à ciel ouvert ou dans les incinérateurs. Il est temps que nous prenions nos responsabilités. L’ancien vice-président (René Revol, maire sortant de Grabels, NDLR) a ouvert ce dossier à ma demande. Nous avons fait le choix de transformer Amétyst (usine de méthanisation, NDLR) en une chaudière CSR (combustibles solides de récupération, NDLR). Le débat public aura lieu pour nous permettre ainsi de produire de l’énergie avec nos déchets. Mais je veux être clair : cela ne nous exonèrera en rien de notre mobilisation générale pour que les gestes de tri soient au rendez-vous. Nous devons également apprendre à travers un grand maillage de déchetteries-ressourceries à donner de la force à une économie circulaire qui permet de réutiliser les objets. Si nous tenons cette feuille de route, j’en suis convaincu, ne doutez pas de ma résolution, nous pourrons baisser la TOEM de 10%. »  

Le logement. « Le Plan Local de l’Habitat est le prochain document de planification que nous devons conduire face au défi du vieillissement de la population, l’accompagnement des salariés et des jeunes. S’il y a 45 000 logements sociaux dans la métropole de Montpellier, il y a maintenant 36 000 demandeurs, souvent des hommes et des femmes qui travaillent et qui n’arrivent pas à vivre de leur travail, d’autres qui sont au chômage ou des femmes seules avec enfant. Il nous faudra donc continuer à agir fort dans le cadre du PLUi (plan local d’urbanisme intercommunal, NDLR) qui a été adopté et qui prévoit que l’urbanisation s’opère sur un tiers du territoire pour protéger les deux-tiers du territoire. C’est en agissant et en mobilisant tous les outils, toutes les ingénieries de la métropole au service des maires, que nous parviendrons à faire du réinvestissement urbain et à produire du logement. »

Les sécurités. « Nous devons nous doter d’un plan de sauvegarde intercommunal pour faire face aux risques trop nombreux – incendie de Fabrègues ou de Grabels. Avec le président Kléber Mesquida (président du Département de l’Hérault, NDLR), très rapidement, nous ouvrirons les discussions sur la construction d’une quatrième caserne à Montferrier et également sur la reconfiguration de la caserne de Castries. Nous sommes les financeurs des pompiers ; nous sommes passés de 17 à 20 M€ de contributions communes qui permettent notamment d’assurer la protection de nos pompiers par un matériel adapté et de soutenir leur engagement. »

La production d’énergie. « C’est une feuille de route très ambitieuse que nous devons livrer. Si nous avons été pionniers par le passé grâce aux réseaux de chaleur urbains, notre objectif entre 2020 et 2030 est de produire trois fois plus d’énergie dans notre territoire. Il s’agira également d’accompagner les particuliers sur la sobriété énergétique. »

Véronique Coll / coll@lalettrem.net
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