« La guerre de demain commencera dans l'espace » : à Toulouse, Emmanuel Macron dévoile une nouvelle stratégie nationale
C’est dans les locaux flambants neufs du Commandement de l’espace (CED), situés dans la base aérienne 101 à Toulouse, que le président de la République choisit de dévoiler le 12 novembre la stratégie nationale spatiale (SNS) française à horizon 2040. Un lieu symbolique, puisque l’Occitanie revendique la pole position française et européenne dans l’industrie spatiale, concentrant 40 % des effectifs français et un tiers des emplois européens du spatial. Emmanuel Macron vante une « trajectoire financière ambitieuse » : 4,2 M€ de marges supplémentaires réservées au spatial dans la loi de programmation militaire et plus de 16 Md€ d’ici à 2030 pour le spatial français civil et les activités duales.
« La guerre d'aujourd'hui se joue déjà dans l'espace »
Cette nouvelle stratégie 2025-2040 repose sur cinq piliers, à commencer par l’accès à l'espace. « Avoir un accès autonome à l’espace est une responsabilité collective, pour la France et pour l’Europe, estime le locataire de l’Élysée. Nous devons garantir le maintien et le développement de notre base de lancement, le Centre spatial guyanais, et la maîtrise de nos lanceurs, en faisant monter en cadence l’exploitation d’Ariane 6. » Autre axe majeur : repenser le modèle industriel et commercial des industries du spatial « en sachant associer les acteurs du NewSpace (spatial d'initiative privée, NDLR) et les acteurs historiques, sans les opposer aucunement. Il faudra se doter d'une politique nationale des compétences spatiales à horizon 2040. »
Emmanuel Macron invite par ailleurs à repenser les capacités stratégiques et de défense : « La guerre d'aujourd'hui se joue déjà dans l'espace et la guerre de demain commencera dans l'espace. Soyons prêts. » La transformation de l’Armée de l’air en Armée de l’air et de l’espace, tout comme la création du CDE, incarnent cette stratégie. Le président de la République annonce par ailleurs des marges supplémentaires réservées au spatial de 4,2 Md€ pour la période 2026-2030, en plus de la loi de programmation militaire de 6 Md€, et le déploiement des premiers satellites patrouilleur-quêteurs, Orbit Guard et Toutatis, dès 2027.
Quatrième pilier de la SNS : adopter une approche plus offensive en matière de science et d'exploration dans le domaine spatial. Enfin, le chef de l’État rappelle l’importance de la coopération et invite à relancer l’Europe du spatial, ce qui passera par une meilleure compétitivité, une préférence européenne et une nouvelle gouvernance.
Sommet du spatial en avril 2026
Cette stratégie donnera les ambitions françaises dans le domaine spatial deux semaines avant la conférence interministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), les 26 et 27 novembre à Brême, en Allemagne. Par ailleurs, Paris et Berlin devraient avoir l’occasion d’approfondir leur coopération spatiale lors du sommet que la France organisera en avril 2026. « J'ai désigné Thomas Pesquet, un symbole fort de l'Europe spatiale, ainsi que Hélène Huby, une dirigeante phare du secteur (cofondatrice et DG de la société d'exploration spatiale The Exploration Company, NDLR), pour être les visages de ce sommet en tant qu'envoyés spéciaux », précise Emmanuel Macron.
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