La gestion des déchets en débat au conseil de métropole de Montpellier
Montpellier Méditerranée Métropole (3M, président : Philippe Saurel, PS) va expérimenter un dispositif d’accompagnement des entreprises de la zone du Salaison (Vendargues) au tri des déchets et à une moindre production de déchets, indique Valérie Barthas, déléguée à la prévention et valorisation des déchets et à la propreté de l'espace public, le 3 décembre lors du conseil métropolitain. « Nous aiderons par exemple les entreprises à identifier de filières pour mieux valoriser les déchets », précise l’élue. Cet accompagnement durera six mois. Si la démarche est concluante, « elle sera proposée aux entreprises d’autres zones d’activités économiques ».
Réduire le volume de déchets ultimes
L'élue a par ailleurs confirmé la fermeture du 2e casier de Castries (centre d’enfouissement des déchets ultimes) au 2e trimestre 2019. La Métropole de Montpellier produit chaque année 100 000 T de déchets ultimes, qui vont à l’enfouissement ou à l’incinération. « Une assistance à maîtrise d’ouvrage porte sur la possibilité de réduire les déchets. Il faudra extraire une partie de ces 100 000 T pour devenir du combustible pour des chaufferies urbaines et industrielles. Nous aurons des conclusions à l’été, pour valoriser ces combustibles qui, pour l’instant, sont perdus. Il faudra trois ou quatre ans pour une mise en place. » Pour l’utilisation des déchets ultimes, René Revol, maire de Grabels, se dit « favorable à une recherche plus approfondie. On peut en faire des produits énergétiques, pour les producteurs de ciment et de chaux par exemple. Ils font venir le charbon d’Afrique du Sud, alors qu’on produit nous-mêmes des produits caloriques. Certes, il leur faut une continuité de fourniture, mais il faudrait travailler dans cette direction, comme Bordeaux l’a fait par exemple. Cela diminue la proportion de déchets mis en casiers et en enfouissement. » Autre orientation souhaitée par René Revol : la transformation des déchets en unités pour les voiries. « Aujourd’hui, plus de 20 % des voiries du Japon sont renouvelés grâce aux produits sortis des déchets, et on ne voit pas du tout la différence. Ce sont des pistes à travailler. Sur ces sujets, le schéma n’est pas assez approfondi. »
Montée en puissance d’Amétyst
Les élus ont pointé la perspective d'une montée en puissance de l’usine de méthanisation Amétyst, dix ans après sa création dans le quartier Garosud de Montpellier. Montée en puissance qui intervient dans le cadre de l'élaboration, par la Région et l'État, du plan régional de prévention et de gestion des déchets (vote prévu en 2019). « On demande à la Région Occitanie d’ouvrir la zone de chalandise concernant la valorisation énergétique. L’est de la région Occitanie en a besoin si on souhaite rentrer dans la dynamique écologique », estime Valérie Barthas. « S’il y a une levée des limites géographiques dans le futur plan régional, c’est une révolution, et ce serait une superbe nouvelle pour nous, a enchaîné Cyril Meunier, maire de Lattes, qui a occupé la délégation de Valérie Barthas entre 2014 et 2017. Avec Amétyst, on a un outil exceptionnel, qui a dix ans d’avance, même si nous avons essuyé les plâtres. La métropole de Montpellier pourrait par exemple être partenaire de Sète Agglopôle, qui a son usine d’incinération à moderniser. » Le futur schéma « va valoriser l’utilisation d’Amétyst », estime Philippe Saurel. « On essaie déjà de récupérer tous les biodéchets possibles : ceux de la métropole, des grandes entreprises, des institutions, voire même d’autres collectivités qui souhaitent faire une expérimentation avec nous, pour que l’usine tourne à plein régime. » Cyril Meunier souhaite « encourager le tri des biodéchets, un compost de très haute valeur environnementale ».
Déchets du bâtiment et emballage
René Revol a pointé la problématique des déchets du bâtiment, « qui doivent rentrer dans une économie circulaire, et revenir plus largement dans le marché. Le recyclage des déchets du bâtiment se développe plus lentement que les carrières, qui prennent beaucoup à la nature. Il faut diriger ces actions vers le BTP. » Autre combat pointé par l’élu LFI : une moindre production d’emballages. « Avec la complicité d’un directeur d’hypermarché, qui cherche à faire évoluer les choses, nous avons rempli deux caddys : un dans lequel on a mis les emballages, un dans lequel on a mis le produit qui était emballé. À la fin des courses, le caddy des emballages était plus gros que le caddy des produits. On a apporté la preuve, avec le directeur du supermarché, que le système dans lequel on est un système fou. Il faut développer le vrac. La métropole peut intervenir auprès des hypermarchés pour qu’ils modifient leur distribution. On ne peut pas seulement demander aux habitants de trier. Il faut agir aussi en amont, avec les distributeurs. » Valérie Barthas a rappelé qu’une convention a déjà été signée entre Philippe Saurel, les distributeurs et la CCI 34 « pour la valorisation des circuits courts, la lutte contre le gaspillage alimentaire, la promotion de la vente au vrac et le tri des déchets ».










