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Région Occitanie
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Transports - Logistique
| 20/07/2023

La chambre régionale des comptes passe au crible les aéroports de Carcassonne, Tarbes et Perpignan

© Aéroport de Perpignan

Fragilité structurelle, problème de rentabilité, concurrence entre plateformes… Dans un rapport publié le 18 juillet portant sur le contrôle des comptes et de la gestion de la société publique locale aéroportuaire régionale (Splar), la chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie évoque les défis que cette structure en charge de l’exploitation des aéroports de Perpignan, Carcassonne et Tarbes va devoir relever. Premier constat : « Si l'aéroport de Perpignan apparaît relativement peu concurrencé au sein de sa zone d’attraction par ceux de Gérone (Espagne) et de Béziers, la plateforme de Carcassonne est dans une toute autre situation », expliquent les auteurs de ce rapport.

Gestion satisfaisante

La zone d’attraction de la plateforme audoise est en effet partagée par cinq aéroports, « faisant du département de l’Aude l'un des mieux desservis en Occitanie au plan aéroportuaire ». Concernant l'aéroport de Tarbes Lourdes, ce dernier « est concurrencé sur son territoire par celui de Pau en raison de leur grande proximité géographique. Par ailleurs, la ligne d'aménagement du territoire reliant Tarbes Lourdes à Paris apparaît fragile dans ses fondements juridiques et économiques. » La CRC évoque également « la qualité de gestion satisfaisante » de la Splar, et ce « malgré un déficit structurel d’exploitation aggravé par la crise sanitaire ». Le rapport indique en effet que la création de la société publique (DG : Denis Leluc, 300 salariés) a permis de réaliser « des économies de gestion ». La chambre ne relève par ailleurs aucune difficulté majeure en termes de gouvernance. Seul bémol mais de taille selon la CRC : « L'exploitation des trois aéroports est déséquilibrée, les recettes générées par le trafic aérien étant trop faibles au regard des charges qu’ils doivent supporter. » Une situation comparable à celle du groupe des 25 aéroports français réalisant un volume de trafic annuel inférieur à un million de passagers, précisent les auteurs du rapport : « Cette activité en deça de leur capacité les place dans une situation structurellement déficitaire rendant indispensable une aide publique. »

Pertes d'exploitation

Les pertes d’exploitation de la Splar, de l’ordre de 8 M€ en 2020 comme en 2021 et de 12 M€ en 2022 en dépit de la reprise du trafic, « ont été anticipées par les actionnaires, qui les ont couvertes par la capitalisation de la société ». Au 31 décembre 2021, la capitalisation atteint ainsi 64 M€, « dont plus de 55 % apportés par la région Occitanie ». Autre précision : si ces trois aéroports ont aujourd’hui en commun d’être exploités par la Splar, ces derniers « présentent des différences notables liées à l’histoire de chacun des territoires qu’ils desservent ». L'aéroport de Perpignan concentre ainsi « la majeure partie de son activité sur le trafic domestique, en particulier du fait de la ligne le reliant à Paris-Orly ». À l’opposé, les vols internationaux « représentent l'intégralité de l'activité de l'aéroport de Carcassonne en raison de son orientation quasi exclusive vers le trafic à bas coût depuis des villes d’Europe du Nord ». Enfin, l’activité de l'aéroport de Tarbes Lourdes « reste alimentée par l’organisation de pélerinages rejoignant la cité mariale par des vols charter et à bas coût en provenance d’Europe et du monde entier ».

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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