La chambre régionale des comptes épingle la gestion des ressources humaines de la Ville de Montpellier
Absentéisme élevé, atteinte aux règles de recrutement du secteur public, effectifs pléthoriques au sein du cabinet du maire… Dans son rapport d’observations relatif aux exercices 2015 et suivants de la Ville de Montpellier publié le 2 juin, la chambre régionale des comptes (CRC) d’Occitanie pointe plusieurs dysfonctionnements dans la gestion des ressources humaines de la collectivité héraultaise. Un constat à l’origine de 21 recommandations émises par les auteurs de ce rapport. Explications.
Deuxième employeur de la ville
Premier constat, la Ville, avec ses 3 710 agents recensés en 2020 est le deuxième employeur local après le CHU pour une masse salariale de 180 M€ en 2021 « mobilisant plus de 77 % de ses ressources fiscales et en augmentation de 12 % en deux ans », observe Valérie Renet, présidente de la CRC Occitanie en soulignant une « gestion défaillante et des irrégularités ». Des agents répartis « au sein d’un schéma d’organisation partiellement mutualisé avec la métropole regroupant près de 7 000 agents. » Mais malgré un contexte de réduction des compétences communales, « des choix d’externalisation de services et les tentatives de déploiement d’une organisation mutualisée, les charges de personnel ont augmenté de 18 M€ sur la période 2015-2021 », analysent les auteurs du rapport. Des hausses « portées par le recrutement de contractuels, qui ont pour objet de remédier aux difficultés nées de la gestion du temps de travail, et une croissance du régime indemnitaire. Et en raison d’outils « peu fiables sur des données essentielles comme les effectifs réels, et de l’absence de documents administratifs personnels complets et actualisés, la collectivité peine à maîtriser certaines problématiques importantes, tel l’absentéisme. »
Le coût de l'absentéisme chiffré à 37 M€/an
De fait, la CRC évalue le coût de cette tendance à 37 M€/an pour la collectivité, « le temps de travail non effectué ayant aussi des conséquences sur le niveau de service rendu à l’usager et les conditions de travail des agents. » Le rapport indique également que fin 2021, 297 agents, soit 8 % des ETP de la Ville étaient sans affectation mais percevaient la totalité de leur rémunération. « Le coût annuel de ces agents non affectés pour la collectivité peut être, au minimum, évalué à 10,8 M€ », précise la CRC Occitanie. Autre grief, le nombre élevé des services du cabinet. Ces derniers regroupent en effet 220 agents. Or, « l’extension historique du rôle du cabinet pose la problématique de la régularité des délégations de signatures accordées à un collaborateur de cabinet pour administrer des services administratifs, engager des dépenses au titre des services administratifs, noter et recruter des agents publics. Enfin, « les procédures de recrutement au sein de la commune de Montpellier, qui parfois s’affranchissent des dispositions règlementaires et des règles internes formalisée par la collectivité, présentent des garanties insuffisantes en matière d’égal accès aux emplois publics. »











