La chambre régionale des comptes alerte sur le risque de décrochage des stations de ski d'Occitanie
Concurrence des stations d’Espagne et d’Andorre, offre d'hébergement inadaptée, vieillissement de la population des skieurs… Autant d’éléments qui font craindre « un risque de décrochage des stations de ski des Pyrénées occitanes », alerte le rapport consacré à leur adaptation face au changement climatique dévoilé le 13 mars par la chambre régionale des comptes (CRC) d'Occitanie. Selon ce document, leur modèle économique « s'essouffle ». Bien que la Région Occitanie ait investi 43,3 M€ sur la période étudiée (exercices 2018 et suivant), la CRC appelle l'exécutif régional à mieux cerner les enjeux liés à l'eau, à définir et à analyser les investissements et à développer des mutualisations pour trouver des alternatives au ski.
Des modèles à réviser
Représentant 10 % de l'activité ski en France, les stations de ski des Pyrénées « sont majoritairement petites et dotées d'équipements vieillissants, et sont confrontées à une concurrence commerciale de plus en plus vive » des stations de ski voisines d’Espagne et d’Andorre, qui ont fait évoluer leur modèle en se fédérant fortement et en favorisant une interconnexion des actions. Au contraire, le massif pyrénéen dispose d'une série d'acteurs qui se juxtapose entre l'Agence des Pyrénées, la Foncière des Pyrénées, la SEM Compagnie des Pyrénées. La CRC juge par ailleurs « contestable » le modèle de l'économie du ski qui prône depuis des années qu'un euro investi dans les remontées mécaniques par les skieurs génère six euros de retombées économiques sur le territoire. Concernant le déploiement d'une stratégie « quatre saisons », la juridiction pointe les stratégies individuelles de chacune des stations, qui parfois se concurrencent entre elles.
Enjeux de transition écologique
Le niveau d’altitude de la majorité des stations des Pyrénées les rend également plus vulnérables face au changement climatique et au déficit d'enneigement. Un contexte susceptible d’engendrer la fermeture de certaines d'entre elles, même celles produisant de la neige de culture. L’économie des stations de montagne s’appuie également sur leur capacité d’hébergement. Or « le parc immobilier présente des signes de dégradation (50 % des logements seraient en effet classés en catégories F ou G, NDLR) et s'avère de plus en plus inadapté aux attentes actuelles des clientèles ainsi qu'aux normes d'isolation », souligne le rapport.











