Julie de Cevins (Tompasse) : « Engagés dans la décarbonation de l’aéronautique et du spatial »
Julie de Cevins a pris en mars la suite de Christophe Cador, président du groupe haut-garonnais Satys, à la tête de l’association régionale Tompasse, qui réunit une vingtaine de grands industriels de l’aéronautique, du spatial et des systèmes embarqués (Airbus, ATR, Daher, Cnes, Latécoère, Safran...). La directrice du développement durable du groupe Daher présente ses ambitions à La Lettre M.
Vous entamez un mandat de deux ans. Quels sont les grands axes de votre feuille de route ?
La mission du think tank Tompasse est avant tout de favoriser le développement de nos entreprises membres dans la région. Bien entendu, notre feuille de route va être bâtie avec les membres du bureau, mais un certain nombre de sujets émergent clairement, parmi lesquels le recrutement, la formation et la décarbonation.
Côté recrutement, enjeu fort dans le secteur aéronautique en particulier, quel rôle peut jouer Tompasse ?
C’est en effet un sujet majeur pour la filière, qui enregistre actuellement une très forte croissance. Notre rôle consiste, à notre niveau, à communiquer avec les acteurs aéronautiques sur leurs besoins, sur les profils recherchés. Le but étant d’encourager les structures de formation à mettre en place des cursus spécifiques afin – notamment – de favoriser les reconversions professionnelles. Par ailleurs, au-delà de la réponse aux besoins immédiats de la filière, nous échangeons avec les universités et les écoles afin que soient mises en place des formations autour des sujets de décarbonation.
Justement, l’aéronautique et le spatial sont engagés dans une stratégie de décarbonation. Comment Tompasse s’inscrit-elle concrètement dans ce cadre ?
Tous les acteurs qui constituent l’association sont impliqués dans une démarche de décarbonation, à la fois au niveau de leurs produits et dans leurs process de production. Côté produits, nous travaillons étroitement avec le pôle de compétitivité Aerospace Valley autour des sujets de recherche, liés notamment à l’électrification, aux systèmes de propulsion, aux matériaux composites, à l’électronique embarquée, mais aussi à l’intelligence artificielle et aux jumeaux numériques. Côté process, les membres de Tompasse sont engagés dans des sujets d’optimisation énergétique et de décarbonation de la production. Tout l’enjeu consiste à embarquer aussi nos fournisseurs dans ce mouvement. À ce titre, la CCI Occitanie et l’UIMM Occitanie, qui sont membres de l’association, constituent d’importants relais d’information.
Qu’en est-il du secteur spatial ?
Au moment du Covid, le secteur aéronautique était en grande difficulté, tandis que le spatial se portait très bien ; aujourd’hui, finalement, c’est plutôt l’inverse. C’est toute la force de notre territoire : nous avons ici deux secteurs d’activité ayant un certain nombre de problématiques communes mais s’appuyant sur des cycles de marché très différents.
Vous considérez-vous comme un organe de lobbying ?
Non, ce n’est pas notre mission. Nous sommes là pour témoigner de manière non partisane, sans filtre, des problématiques de nos secteurs. Nous sommes au cœur des sujets et souhaitons partager avec les acteurs locaux et régionaux les enjeux qui nous concernent aujourd’hui et qui nous concerneront demain. Le fait que nous soyons un club de taille réduite constitué de donneurs d’ordres, de grands industriels, constitue une force. Car nos échanges sont directs et cela nous donne une réelle visibilité, en particulier auprès des acteurs institutionnels.











