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Région Occitanie
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Finances
| 11/03/2025

Guillaume Beroujon (Caisse d'Epargne Languedoc-Roussillon) : « Nous voulons accompagner les filières d’excellence du territoire »

© CELR

Arrivé en Occitanie il y a près d’un an pour prendre en charge le pôle “Banque de développement régional“ de la Caisse d’Epargne Languedoc-Roussillon (CELR) dont il est également membre du directoire, Guillaume Beroujon évoque pour La Lettre M sa vision de l’économie régionale et ses ambitions dans le cadre de ses nouvelles fonctions. Entretien.

Vous avez été nommé dans la région en avril dernier. Quel regard personnel portez-vous sur l’Occitanie ?
Ce territoire que j’ai pu parcourir et découvrir depuis mon arrivée est très attractif, notamment au regard de l’importance de ses richesses naturelles. Depuis près d’un an, j’ai pu prendre mes marques en interne et au niveau régional en identifiant ses différents acteurs et ses forces vives que constituent les différents réseaux qui l’animent, tels que les organisations professionnelles avec le Medef, les chambres consulaires, des structures telles que la Satt AxLR, Crealia ou encore Leader Occitanie 

Quelle est le rôle du pôle que vous dirigez ? 
L’une de nos priorités consiste à accompagner les entreprises dans toutes leurs transitions. En octobre dernier, nous avons par exemple signé avec Damien Teissier, PDG de la société héraultaise A+ Énergies, un partenariat permettant aux clients de la banque de bénéficier des services de ce groupe familial héraultais spécialisé dans les solutions d’autoconsommation énergétique. L’objectif est d’assister nos clients affaires - PME, PMI, bailleurs sociaux, promoteurs immobiliers, grandes associations ou collectivités... - dans leurs transformations. L’entreprise pourra notamment couvrir leurs besoins en termes d’installation de panneaux photovoltaïques, de stockage d’énergie, de vente d’électricité́ et de pilotage des installations. Plus largement, la banque de développement régional accompagne le développement économique et sociétal du territoire. Nous octroyons chaque année, pour le pôle que je dirige, plus de 500 M€ à ces acteurs. Nous avons même atteint le cap des 600 M€ en 2023. À travers ces financements, notre but est d’être aux côtés des acteurs qui créent de la valeur pour ce territoire et qui partagent également notre vision d’entreprendre. Nous sommes une banque coopérative avec un ADN de proximité. De fait, nous pouvons être réactifs pour répondre aux demandes avec la capacité de décider localement. 

Comment fonctionne ce pôle ?
Le pôle banque de développement régional de la CELR couvre cinq marchés : les entreprises, l’économie sociale, le logement social et l’économie mixte, le secteur public et l’immobilier professionnel. Sur les 1 350 salariés que compte la CELR, 65 d’entre eux œuvrent à mes côtés. En termes de clientèle, nous travaillons pour près d’une collectivité sur deux et d’une entreprise sur cinq. Au sein du pôle, un service ingénierie financière est chargé de structurer les projets complexes tels que les financements de projets d’énergies renouvelables ou les infrastructures de transport. Une cellule grands comptes est par ailleurs dédiée aux entreprises réalisant plus de 50 M€ de chiffre d’affaires. Nous accompagnons également spécifiquement les professionnels de l’immobilier, qu’ils soient lotisseurs, aménageurs, promoteurs ou marchands de biens. À ce titre, ce marché est actuellement dans un cycle historiquement bas mais les possibilités de redressement sont réelles. Face au coût élevé du foncier, de nouvelles typologies de projets commencent à émerger à l’image des opérations en BRS (bail réel solidaire, NDLR) ou avec le développement du LLI (logement locatif intermédiaire, NDLR). Autant d’initiatives que nous accompagnons en étant notamment aux côtés des bailleurs sociaux dans le cadre de la rénovation de leurs parcs ou de la production de logements neufs. Nous sommes le premier banquier privé de ce secteur. La banque intervient également dans le cadre de contrat de délégation de service public à l’image du financement de la rénovation du réseau de froid et chaleur de la métropole montpelliéraine.

Comment adaptez-vous vos interventions au contexte actuel et aux nouveaux défis économiques ? 
En tant que banque universelle, nous avons une double approche d’accompagnement : financière et extra-financière.  Nous engageons le dialogue avec nos clients pour être proactif sur leurs problématiques de durabilité. Nous pouvons ainsi leur proposer des expertises et des offres de conseil dédiées, ou encore une nouvelle offre de crédits dédiée au financement de l’amélioration de la performance énergétique des bâtiments. Notre ambition c’est aussi d’être en adéquation avec les besoins et les attentes des filières d’excellence de ce territoire que ce soit dans la viticulture, la santé ou le tourisme. Nous déployons également le dispositif Néo Business destiné à accélérer le développement des jeunes entreprises innovantes du territoire. Ce qui manque souvent à ces start-up, c’est le carnet d’adresse. Composé de dirigeants d’entreprises reconnues du territoire comme Nicolas Jerez de Bulane, Christophe Carniel de Vogo ou Karine Chorro de Phost’in Therapeutics, le comité de labellisation de ce programme leur permet de lever ces freins. Enfin, nous intervenons également dans les projets de transmission d’entreprises en lien avec notre banque privée.

Propos recueillis par David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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