« On ne connaîtra pas les règles avant la mi-septembre ; les listes électorales ne seront disponibles que fin septembre ; il n’est vraiment pas certain que élections aient lieu début décembre, comme prévu ». Invité jeudi 8 juillet du 6e rendez-vous économique de la CGPME alésienne, Francis Cabanat, président de la CCI d’Alès, a donné sa vision de l’avancement de la réforme de l’Etat, qui comprend celle des chambres consulaires, réforme qu’il souhaitait amender dans un sens plus favorable aux CCI territoriales. « Il y a encore des possibilités d’évolution mais elles sont, à mon avis, minimes », a confié le président de la CCI alésienne à une assistance d’une vingtaine de chefs d’entreprise. Assez satisfait néanmoins du combat mené contre la centralisation régionale aux côtés de Max Roustan, député-maire, Francis Cabanat a dressé une liste de « ce qui a été conservé : les chambres territoriales gardent un maximum d’autonomie, elles sont des personnalités morales propres, des administrations publiques d’Etat. Il n’y a finalement pas de budgétisation des recettes fiscales, donc les chefs d’entreprise continuent à financer leur territoire. Enfin la CCI territoriale a toujours la possibilité de recruter du personnel. En revanche nous sommes appelés à faire des efforts financiers : on va prélever 8 à 10 % du budget. En clair, il va falloir faire autant avec 10 % de recettes en moins. De plus, tous nos services qui réalisent une activité marchande doivent désormais se financer. C’est le cas de l’aéropôle de Deaux ou du parc des expositions, dont nous ne pourrons plus financer les déficits. Or le parc des expos est déficitaire : soit j’augmente le prix, soit je ferme. C’est le même cas de figure à Perpignan par exemple, où la CCI gère un aéroport déficitaire ».
« Les recettes baissent mais les contraintes augmentent »
Victimes de « dégâts collatéraux », comme la baisse des aides du conseil régional ou la disparition de celles du conseil général, Francis Cabanat note que « l’Etat nous demande malgré tout d’en rajouter un peu plus, comme pour la plate-forme RH, qui est une belle idée mais qui coûte 500 K€ à la CCI ». Le président de la CCI alésienne regarde aussi la réforme des retraites sous un angle entrepreneurial : « On vient nous voir (les chefs d’entreprise, ndlr) en disant : la retraite passe de 60 à 65 ans (sic). Donc on ne pourra plus mettre les gens en préretraite à 57 ou 58 ans. Ce qui entraîne une interdiction de licencier sans raisons en béton. Or on sait qu’à partir d’un certain âge, on ne suit plus les choses de la même manière. Donc on nous demande au final d’accompagner la reconversion du salarié… ».
« ça va globalement mieux »
Interrogé sur la crise dans le bassin alésien, Francis Cabanat s’est voulu optimiste : « On se rend compte qu’il y a des secteurs un peu touchés mais ça va globalement mieux. La partie industrielle redémarre bien. Les entreprises sont presque revenues à l’activité de 2008, hors bâtiment. Ce qui pose problème, c’est le commerce et le petit commerce ». Le président de la CCI d’Alès a insisté sur la notion de filières que la CCI met en place, en partenariat avec tour à tour l’Agglo d’Alès et le Pays Cévennes, dans les domaines de la mécanique, des biotechnologies, de l’éco-activité, du bio-alimentaire ou encore du tourisme.
« Cette p… » de RN 106
Président de la CCI d’Alès depuis 2004, Francis Cabanat a été interrogé sur ce qu’il retenait de ses années à la tête de la chambre consulaire : « En 2005, il y avait environ 5 000 entreprises. Aujourd’hui, il y en a 8 100. C’est une hausse exceptionnelle, la richesse du territoire s’est développée, l’assiette de la taxe professionnelle a augmenté de 5 à 6 % en moyenne par an. L’ensemble de nos stratégies hyper-cohérentes avec tous les acteurs économiques a eu un effet boule de neige ». Francis Cabanat, avec un peu d’humour, a néanmoins sorti du bilan « un détail qui (le) chagrine : cette p… de voie que je voulais voir terminée car quand j’arrive à La Calmette, ça m’énerve. Du coup, je sors à la sortie d’avant, pour éviter le bouchon ». En cause, évidemment, le passage en 2X2 voies de la RN 106 jusqu’à Nîmes, serpent de mer des relations entre les deux plus grosses villes du département.