Languedoc-Roussillon
Communication - Médias
France 3 : des salariés attaquent après 400 CDD
Cinq journalistes et un technicien travaillant régulièrement sous contrat à durée déterminée (CDD) pour France Télévision ont attaqué leur employeur, lundi 15 avril, devant le conseil de prud’hommes de Montpellier (Hérault). Ils réclament la requalification de leur contrat de travail en contrat à durée indéterminée (CDI), leur intégration à l’entreprise publique, et le paiement de dommages intérêts. Le tout pour des montants qu’ils évaluent, pour chacun, à plusieurs centaines de milliers d’euros.
Les salariés, qui pour la plupart travaillent principalement à France 3 Sud, dénoncent chacun le recours abusif au CDD de leur employeur, chacun présentant entre 379 et 500 contrats signés, accumulés, pour certains, depuis vingt ans. « À plusieurs reprises, mes clients ont demandé à être intégrés en CDI, plaide Me Luc Kirkyacharian, bâtonnier du barreau de Montpellier. De plus, depuis que leur action devant les Prud’hommes est connue mes clients ont connu une baisse de leur activité, France Télévisions ne les sollicitant plus. »
Grève à France 3 L.-R.
En outre, l’avocat a également demandé le rattrapage des salaires, estimant que les journalistes et le technicien auraient du, eu égard au nombre de contrats signés et au nombre de jours travaillés, être embauchés en CDI à temps plein depuis longtemps, et à ce titre bénéficier de la même progression salariale que leurs confrères intégrés aux effectifs permanents.
Un argument balayé par l’avocat de France Télévisions, Pascal Saint Geniest (barreau de Toulouse). « Certains ne travaillaient pas seulement à France 3 Montpellier mais parfois à Dijon... Cette parcellisation montre qu’ils ne sont pas dans une tâche permanente. » Ne doutant toutefois aucunement de la condamnation à venir de son client, il avoue devant le tribunal que dans pareils cas : « je n’ai, en réalité, essuyé que des échecs », soulignant ainsi le caractère essentiel du recours au CDD pour une entreprise où « le CDD qui doit être l’exception est devenu la règle », comme l’a souligné l’avocat des salariés de France Télévisions.
Lundi, en signe de solidarité, la grande majorité des salariés de France 3 en Languedoc-Roussillon étaient en grève, privant les téléspectateurs d’éditions locales et régionale. Le conseil de prud’hommes de Montpellier rendra son jugement le 23 septembre.










