Face aux défis du marché français, Parera joue la carte de l’international
Le groupe gersois Parera, spécialisé dans la cartographie, poursuit son expansion internationale tout en affrontant un marché français tendu. « L’année 2025 a eu deux visages : une France marquée par des tensions sur les prix et des difficultés de recrutement qui réduisent nos marges, et un développement international très fort », résume à La Lettre M son président, Jacques Cettolo. Le rachat de la société marocaine Etafat il y a deux ans a accéléré cette dynamique : son chiffre d’affaires est passé de 4,3 M€ en 2023 à près de 12 M€ cette année. Le groupe de 1 200 salariés, qui espère atteindre 65 M€ de CA en 2025, finalise par ailleurs deux opérations de croissance externe, l’une en France et l’autre à l’étranger.
Etafat, moteur de l’international
L’intégration d’Etafat offre au groupe un accès privilégié à de grands marchés liés au foncier et au cadastre en Afrique. Le contrat de 10 M€ remporté au Sénégal se poursuit jusqu’en 2026, tandis qu’un appel d’offres de 14 M€ en Côte d’Ivoire remporté fin 2024 court désormais jusqu’en 2028. « Notre objectif de 30 % de chiffre d’affaires à l’international se concrétise, et nous visons aussi le Moyen-Orient », indique le dirigeant. Parera veut désormais proposer à l’étranger l’intégralité de ses métiers – relevé de réseaux, cartographie, ingénierie – en s’appuyant sur la data et l’IA. Depuis janvier, un pôle de développement logiciel basé à Etafat à Casablanca et rassemblant huit personnes conçoit des produits internes et clients. Le groupe ambitionne d’y réunir une vingtaine de développeurs d’ici à fin 2026.
Une attractivité à renforcer
Sur le plan social en revanche, le groupe fait toujours face à un recrutement difficile et à un taux de turnover élevé malgré 50 embauches en 2025. L'entreprise travaille donc sur son attractivité avec l’agence de communication À la Une et via un partenariat avec le Stade Toulousain. « Nous réfléchissons à deux fois avant de répondre à un appel d’offres », reconnaît Jacques Cettolo. Le groupe s’appuie sur son École Groupe Parera, qui a formé une cinquantaine de personnes par session cette année, pour un coût annuel de 300 k€, et sur son atelier de 200 personnes à Madagascar pour soutenir son activité.
Côté investissement, la société consacre environ 3 M€ par an au matériel et à la technologie en plus du budget formation. L’achat prévu d’un avion à 1,5 M€ n’a toutefois « pas encore été finalisé », précise le président. En 2026, le groupe vise une accélération en Europe, notamment en Italie et en Espagne, et espère porter la part de l’export à 35 %, voire à 40 %. Il ambitionne ainsi d’atteindre 100 M€ de chiffre d’affaires à horizon 2028.











