Élections législatives en Occitanie : résultats, tendances et réactions
Six candidats ont été élus au premier tour des élections législatives anticipées organisé le 30 juin dans les 49 circonscriptions d’Occitanie : Marine Froger (NFP) en Ariège, Nicolas Meizonnet (RN) dans le Gard, François Piquemal (NFP) en Haute-Garonne, Nathalie Oziol (NFP) et Aurélien Lopez-Liguori (RN) dans l’Hérault, et Anaïs Sabatini (RN) dans les Pyrénées-Orientales. Sous réserve de possibles désistements, les candidats qualifiés pour le second tour qui se déroulera le 7 juillet s’affronteront dans le cadre d’une dizaine de duels et d’une trentaine de triangulaires. Le taux de participation s'est élevé à 66,71 % au niveau national, soit 19,2 points de plus qu’aux législatives de 2022.
Le Rassemblement national (RN) arrive en tête en France avec 33 % des suffrages, devant le Nouveau Front Populaire (NFP) à 28 % et Ensemble (Majorité Présidentielle) à 20,5 %. Le RN est en tête dans 457 circonscriptions sur 577.
Les réactions
« L’extrême droite est aux portes du pouvoir, analyse Carole Delga (PS), présidente de la Région Occitanie. C’est bien l’enseignement hélas attendu de ce premier tour des élections législatives, consécutif à la dissolution de l’Assemblée nationale par Emmanuel Macron ; décision cynique qui entre dans l’Histoire comme le moment qui aura déstabilisé notre démocratie. » L'élue régionale en appelle désormais au rassemblement le plus large possible pour le second tour : « Nous le pouvons, en appelant ensemble, au-delà de nos différences et nos divergences, au rassemblement sans conditions autour des candidat(e)s du Nouveau Front populaire, de la majorité présidentielle ou de la droite républicaine qui vont affronter le 7 juillet les candidats RN : ils deviennent dès ce soir les candidat(e)s de toutes les forces républicaines ».
Maire PS de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, Michaël Delafosse salue « la très forte participation et le recul important de l’abstention qui ne rend pas inéluctable l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir. » Pour l'élu héraultais, cette dernière est néanmoins en position de force dans l'optique du second tour : « Elle peut obtenir une majorité absolue. C’est une menace pour les libertés démocratiques, pour nos concitoyens binationaux, face au racisme et à l’antisémitisme, pour l’image de la France dans le monde... ». Comme Carole Delga, Michaël Delafosse appelle au désistement systèmatique des candidats arrivés en troisième position. « Aucune force politique ne doit rendre possible l’élection d’un député RN en faisant le choix de se maintenir, au risque de porter la responsabilité de donner le pouvoir à l’extrême droite. J’invite les électeurs et les électrices, dès ce soir, à soutenir et se mobiliser pour le candidat le mieux placé face au RN pour lui faire barrage. »
De son côté, Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse et président de Toulouse Métopole, met dos à dos « ceux qui, d’un côté comme de l’autre, se sont contentés de proférer des slogans faciles et d’avancer des solutions aussi simplistes que dangereuses et intenables ». L’édile divers droite (ex-LR) se refuse à donner une consigne de vote, car cela reviendrait selon lui à « fermer les yeux sur les périls qu’engendrerait un extrémisme, voire même s’acoquiner avec lui, pour combattre l’autre extrémisme ; or, je ne pense pas qu’il y ait de bons extrémistes et de mauvais extrémistes. Ma conviction, c’est que l’extrémisme, qu’il soit de gauche ou de droite, est toujours foncièrement dangereux. » Et d’ajouter : « Maire de Toulouse, au service de toutes les Toulousaines et de tous les Toulousains, quelles que soient leurs préférences politiques, mon rôle n’est pas d’être le directeur de conscience de mes concitoyens : ils sont assez grands pour réfléchir et choisir par eux-mêmes, en leur âme et conscience. Je leur fais totalement confiance. Tout simplement parce que je les respecte. »
Dans le Gard, la présidente socialiste du Département, Françoise Laurent-Perrigot appelle « à écarter le danger » du Rassemblement national. « Nous devons tout faire pour empêcher qu’il obtienne une majorité absolue à l’Assemblée nationale le 7 juillet prochain. Les résultats de ce premier tour nous obligent : chacun et chacune doit prendre ses responsabilités sans hésitation, sans état d’âme. Cela implique clairement de soutenir les candidats les mieux placés face au RN », commente l'élue en appelant à voter pour les candidats les mieux placés dans les cinq circonscriptions gardoises encore à pourvoir.











