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Ariège
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Industrie
| 26/08/2025

Deux ans après son sauvetage, un « rebond industriel » pour Aubert & Duval

© Laurie Correia

Depuis son rachat en 2023 par Airbus, Safran et Tikehau, le métallurgiste français Aubert & Duval connaît « un rebond industriel » et investit massivement dans son usine de Pamiers (09), la deuxième plus importante du groupe. Le site de 23 hectares dirigé par Lionel Guimbard inaugurera mi-2026 une presse à matricer de 6 000 tonnes pour remplacer celle de 1932. Coût de l’opération : 82 M€. Grâce à sa grande ouverture, qui nécessite de rehausser le bâtiment, la nouvelle machine permettra de fabriquer des pièces de grande dimension destinées à l’aéronautique. Premier employeur privé de l’Ariège avec 1 150 salariés, Aubert & Duval espère ainsi étoffer ses capacités de production et s’autonomiser face à la concurrence étrangère.

Dans un objectif de décarbonation de son activité, l’ETI va par ailleurs remplacer ses fours à gaz par des fours électriques. Autre investissement majeur : la modernisation de sa ligne de traitement thermique, chiffrée à 14 M€. « La ligne, désormais automatique, a été reconfigurée afin de créer de nouvelles pièces ou de les fabriquer différemment, précise le directeur du site. Nous l’avons aussi électrifiée. » Réceptionnée en juin dernier, la ligne devrait entrer en production dans trois mois. Enfin, le groupe de 4 100 salariés a injecté 29 M€ dans un atelier de contrôle de surface. Le site ariégeois, qui a accueilli le 25 août le ministre chargé de l'Industrie et de l'Énergie Marc Ferracci, ambitionne de fabriquer plus de 53 000 pièces en 2026.

La production de titane en hausse
« Face à la crise en Russie et à l’instabilité grandissante dans l’administration américaine, les clients européens peuvent compter sur nous », assure Étienne Galan, président du groupe. L’entreprise indique ne pas avoir retrouvé, parmi l’ensemble de ses activités, les niveaux d’avant-Covid. « Nous travaillons pour cela avec nos clients afin d’associer à des produits très technologiques des produits à volume », poursuit le dirigeant. Face à l’évolution de la demande liée au contexte géopolitique, Aubert & Duval a augmenté sa production de titane recyclé. « L’élaboration du titane pour l’aéronautique est très complexe, explique le président. La crise du Covid a provoqué l’arrêt de l’installation des Ancizes, qui commençait tout juste à produire. Désormais, nous remontons en puissance et travaillons à passer à des volumes plus importants. À la fin du mois de juin, nous avions plus produit qu’en 2024. »
Avec 844 M€ de chiffre d’affaires enregistré en 2024, l’ETI espère atteindre 1 Md€ cette année. « Notre secteur demande beaucoup d’investissement. Nous devons donc dégager des ressources financières. D’ici à quatre ans, nous souhaitons diminuer d’au moins 20 % nos coûts et de 50 % nos stocks et encours. » Aubert & Duval compte six sites industriels en France, dont celui de Pamiers. Il est majoritairement présent sur le marché de l’aéronautique et du spatial – qui représente 67 % de son activité –, mais aussi dans l’énergie (14 %) et la défense (13 %).

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
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