Dans un contexte tendu, le Grand Marché de Toulouse maintient son rythme de croisière
C’est « un bilan 2023-2024 positif et beaucoup de projets » que Dominique Batani, président du Marché d’intérêt national de Toulouse, présente le 12 décembre au sein du Food Lab inauguré en septembre dernier. Pour la structure, qui a fêté ses 60 ans, 2023 a été une année de stabilisation du chiffre d’affaires global à 481 M€. Le nombre d’entreprises du site est lui aussi constant, avec 223 sociétés hébergées à fin 2023. En revanche, le nombre de producteurs enregistre une baisse de 7 %, le Min accueillant 237 structures. Une tendance contrebalancée par l’arrivée de douze nouveaux producteurs en 2024. Grâce à cela, le Grand Marché, qui travaillait avec 4 372 acheteurs fin 2023, affiche un taux d’occupation « très élevé » de 96 %.
Une politique de recrutement forte
Dominique Batani, par ailleurs directeur du Marché de Rungis, se félicite de cette dynamique « dans un contexte national et international qui peut susciter inquiétudes et doutes ». « Si nous avons la chance de travailler dans un milieu résilient, on constate que 2024 ne sera sans doute pas une année fabuleuse et que la situation aura des répercussions », ajoute le président du Grand Marché de Toulouse. Responsable marketing et communication, Sonia Dumora Jouanolou souligne de son côté que « la feuille de route sur la diversification des produits et services porte ses fruits », avec notamment l’installation en 2024 de deux entreprises à l’activité périphérique à celle de l’agroalimentaire : Edenauto Renault Pro+ et la centrale de lavage de contenants alimentaires Évidence. Revenant sur la baisse du nombre de producteurs enregistrée en 2023, elle souligne que cela est « en lien avec le monde agricole, notamment les départs en retraite » mais que l’activité demeure très importante pour le Min. « On mène beaucoup d’actions, en participant à des salons notamment. Et les producteurs de moins de 40 ans, ceux en bio ou en conversion bénéficient d’une gratuité de loyer la première année. Nous avons une politique de recrutement forte. » Sonia Dumora Jouanolou ajoute que si le nombre d’acheteurs était en baisse de 3 % à fin 2023, celui des acheteurs abonnés était lui en progression de 5 %.
RSE et ancrage local
Au-delà des chiffres, le Grand Marché a depuis de nombreuses années entrepris une démarche de labellisation et de certification, qui se poursuit. Premier Min certifié ISO 9001, il vient de signer un accord d’entreprise autour du label Cap’Handéo et a lancé la démarche pour la certification Lucie 26000. « On dit qu’en amour, il n’y a que des preuves ; je pense que c’est pareil en matière de RSE », souligne Dominique Batani alors que le Min poursuit la mise en œuvre de son plan de transition énergétique à horizon 2029. Cet engagement se mesure aussi au travers des treize structures dédiées à l’emploi et à la formation présentes sur le site, des quinze associations locataires et des six structures œuvrant à l’insertion. « Nous avons aussi 45 % de femmes chefs d’entreprise », fait remarquer la responsable marketing et communication en l’absence de Maguelone Pontier, directrice générale depuis 2017. Une DG qui s’était engagée sur la dénomination de la future station de métro desservant le site. Une action qui a semble-t-il porté ses fruits puisque celle-ci s’appellera La Vache Gare - Le Grand Marché. Pour le président du Min toulousain, c’est un moyen supplémentaire d’ancrer l'infrastructure dans le futur Campus alimentaire porté par Toulouse Métropole, qui doit voir le jour dans les prochaines années.
Les projets 2025
Pour conforter cette dynamique, le Grand Marché va accueillir en 2025 Interfel, l’interprofession des fruits et légumes frais, et verra s’installer Petibio, une cuisine centrale pour la restauration bio en crèche, sur une surface de plus de 1 000 m2. « Cela permet de donner aux producteurs bio des débouchés, alors que le marché a connu des difficultés », se réjouit le président. Un partenariat est par ailleurs en cours de signature avec Ad’Occ, permettant au Grand Marché d’accueillir la Pépinière Alimentaire et les directions agri-agro de l’agence régionale de développement économique pour faire bénéficier à tous ses adhérents de l’expertise de ses conseillers. Enfin, l'année 2025 sera aussi marquée par l’organisation du premier salon de la poissonnerie et des produits de la mer en France les 21 et 22 septembre prochains et la poursuite des showrooms lancés en 2024.











