Dans les coulisses de l’usine toulousaine d’Aumovio
Devenu Aumovio à l’automne dernier après avoir pris son indépendance vis-à-vis du groupe allemand Continental, l’ex-site Continental Automotive de Toulouse, spécialisé dans les équipements électroniques pour le marché automobile, poursuit sa politique d’investissement tout en visant une stabilisation de son activité. Visite guidée.
« Aujourd’hui, notre objectif, c’est une activité pérenne, avec l’impact social et environnemental le plus durable possible. On ne vise plus la croissance », déclare à La Lettre M André Gonçalves, le directeur de l’usine Aumovio de Toulouse, en début de visite. Le ton est donné. À la tête de ce site de production d’équipements électroniques pour le marché automobile depuis 2021, il confie avoir eu « une grosse frayeur » cette année-là face au risque de fermeture du site. Après un changement radical de management ces dernières années, la création de lignes de production adaptables et avec le développement de business alternatifs en cours, il peut aujourd’hui souffler, projetant « un portefeuille d’activité stable à cinq ans ». L’usine est aujourd’hui redevenue rentable. En 2025, son chiffre d’affaires a atteint plus de 200 M€ - soit le niveau d’avant 2020 - et la direction prévoit que ce niveau demeurera sur les prochaines années. « Nous sommes en phase de stabilisation », confirme André Gonçalves, dont le site de production emploie actuellement entre 400 et 450 personnes, en fonction du nombre d’intérimaires sollicités.

© Adeline Raynal
Réemploi et adaptabilité
Saluant chaque salarié par une poignée de main, André Gonçalves progresse dans les allées. « Ces dernières années, nous avons créé des lignes de production adaptables, alors qu’auparavant, un nouveau produit signifiait la création d’une nouvelle ligne de production complète, pour un coût de plusieurs millions d’euros », explique-t-il. Outre le réemploi de machines telles quelles, certaines sont adaptées directement en interne par les ingénieurs Aumovio. Les essais sont également internalisés, alors qu’ils étaient autrefois confiés à des sous-traitants. Dans l’usine, on aperçoit des robots dont les bras sont adaptables, guidés par des caméras permettant de les paramétrer pour de nouveaux volumes, en fonction des besoins. D’autres modules sont installés sur roulettes, afin de s’ajouter facilement à une autre ligne de production, ailleurs dans l’usine. Le temps de saluer un fournisseur au détour d’une allée, le dirigeant note : « Nous pouvons désormais mettre en production un nouveau produit en huit mois, contre dix-huit mois de délai minimum auparavant ». Un avantage concurrentiel certain. Mi-2026, le site toulousain commencera d’ailleurs à produire des antennes pour Nissan.

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Stratégie de diversification
D’un point de vue commercial, dès 2025, l’usine a visé des « business alternatifs », comme le reconditionnement d’équipements électroniques de véhicules Renault. « Nous récupérons des contrôleurs moteurs, des contrôleurs d’habitacle, auprès de garages, nous les réparons et nous les reconditionnons. En 2026, nous allons poursuivre cet axe de diversification en assurant le reconditionnement de pièces de nouvelles marques », annonce le directeur du site, car il le sait, l’activité de production de pièces neuves va diminuer. « Nos produits historiques vont connaître une baisse de demande à terme. Nous souhaitons aller dans le bon sens pour l’avenir », commente-t-il. Indépendant de Continental depuis septembre dernier, Aumovio France a déjà injecté 12 M€ dans l’amélioration de ses bâtiments. Quelques millions d’euros seront à nouveau investis dans les années à venir en vue de développer la géothermie, de créer des ombrières ainsi que pour adapter des lignes de production.

© Adeline Raynal
Des effectifs stables
Côté ressources humaines, les effectifs devraient rester stables, le directeur de l’usine ne prévoyant pas de plan de recrutement d’ampleur. Le groupe Aumovio, dont le siège se situe à Francfort, en Allemagne, emploie 92 000 personnes dans le monde, réparties dans 55 sites. L’entité française, dont le siège est basé à Toulouse, emploie 1 800 personnes – 1 400 dans la Ville rose et le reste dans ses sites de Rambouillet (78) et de Carrières-sur-Seine (78) – et a enregistré 450 M€ de CA en 2024.
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