Cyril Gornes (Saint Charles International) : « La modernisation de notre plateforme est engagée »
Plusieurs dizaines de millions d’euros d’investissement sont programmés dans le cadre du contrat de projet partenarial d’aménagement « Saint Charles 2040 » signé le 9 janvier. Objectifs de ce dispositif : moderniser et doper l’attractivité de la plateforme logistique de fruits et légumes perpignanaise. Une feuille de route détaillée par son directeur, Cyril Gornes.
Quelles sont les spécificités de Saint Charles International ?
Cette plateforme est aujourd’hui le premier centre européen dédié à la commercialisation, au transport et à la logistique de fruits et légumes frais en provenance d’Espagne, du Maroc et de pays tiers. D’une superficie de 33 hectares, elle voit transiter 3 000 camions par jour et concentre plus de 150 entreprises, soit près de 2 200 emplois. Leurs clients sont des Min (marchés d’intérêt national), des importateurs européens, des grossistes, des centrales d’achat et des enseignes de distribution.
Quel bilan tirez-vous de l’activité en 2023 et quelles sont vos perspectives ?
Les aléas climatiques et la baisse de la consommation ont conduit à une stabilité des volumes, soit 1,8 million de tonnes de fruits et légumes frais commercialisés, dont 50 % de légumes et 50 % de fruits-agrumes. Les acteurs de la plateforme ont généré 2,4 Md€ de chiffre d’affaires l’an dernier dans un contexte d’inflation. Quant aux perspectives de développement de la plateforme, elles sont portées par le projet partenarial d’aménagement (PPA) « Saint Charles 2040 », un document signé le 9 janvier par treize partenaires*.
Concrètement, en quoi consiste ce PPA ?
Nous travaillons sur ce dispositif introduit par la loi Elan (évolution du logement, de l’aménagement et du numérique, NDLR) depuis 2020. Ce PPA porte sur un périmètre d’intervention de 400 ha englobant la plateforme logistique et la zone d’activité Saint Charles (840 ha, 415 entreprises, 5 400 emplois, NDLR). L’objectif est d’améliorer l’attractivité de la plateforme et d’assurer la pérennité de l’écosystème logistique, à la fois compétitif et décarboné. Les différents partenaires s’engagent par ailleurs dans la mise en œuvre d’une démarche d’écologie industrielle territoriale abordant les questions liées aux déchets, à l’énergie, au développement de stations hydrogène ou à la gestion de l’eau… Et sur la base d’un schéma directeur adopté en 2022, ce projet partenarial va permettre de réaliser les investissements nécessaires à l’optimisation du fonctionnement de la zone et de la plateforme logistique à horizon 2040, que ce soit en termes d’accessibilité, de sécurité ou d’occupation foncière. Il s’agit également d’impulser un projet de hub agroalimentaire d’envergure régionale associant négoce, logistique et activités de transformation.
Quel est le montant des investissements programmés ?
Plusieurs dizaines de millions d’euros vont être engagés dans le cadre de ce PPA avec des aménagements de voirie, de pistes cyclables, une refonte de la signalétique, la création d’espaces de vie et de stationnement… Le plan de financement reste toutefois à définir sachant qu’il mobilisera un cofinancement public. L’idée est de réaliser le bon investissement au bon moment.
Et les projets ?
Perpignan Méditerranée Métropole a déjà investi 3,8 M€ dans les travaux de voirie et au sein de la zone d’activité voisine (ZAC Orline, 15 ha, NDLR). L’Établissement public foncier (EPF) Occitanie mobilise de son côté 10 M€ pour assurer le portage d’immobilier et de foncier en vue de répondre aux projets d’implantation d’entreprises. La création d’une zone d’aménagement différé (Zad), destinée à assurer une réserve foncière, est également prévue et nécessitera la création d’une association économique dédiée. Le plus important chantier à venir dans le but de désenclaver la plateforme Saint Charles International émanera de la SNCF. L’opérateur envisage en effet la création d’un franchissement de la voie ferrée séparant la zone d’activité en deux. Le projet d’aménagement de la zone Saint Charles prévoit également la création d’un nouveau centre routier.
*État, Région Occitanie, Département des -Pyrénées-Orientales, Perpignan Méditerranée Métropole, Ville de Perpignan, chambres consulaires, EPF Occitanie, Saint Charles International, SNCF, Ademe et Banque des Territoires.











