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| 7/02/2018

Ce qu'il faut retenir du Petit Déj de La Lettre M avec Philippe Saurel

Invité, ce mercredi matin au Gazette Café (Montpellier), du premier Petit Déj de l’année organisé par La Lettre M en partenariat avec le groupe immobilier Angelotti (Béziers), Philippe Saurel, maire DVG de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, met le cap sur 2018 devant plus de 200 décideurs : ligne 5 de tramway, nouvelle agence de développement économique, ouverture à l'international, LGV, aéroport, quartier Cambacérès, nouveau stade de foot...

Agence de développement économique. Suite à l’accord-cadre signé fin 2016 entre la Métropole de Montpellier avec les agglomérations d’Alès, Nîmes et Sète, « on avance sur le projet de création d’une agence de développement économique, qui pourrait aussi intégrer le Pays de l'Or et d'autres partenaires institutionnels. On va d’abord commencer par créer une association de préfiguration pour ceux qui sont intéressés. On est sur les textes préfiguratifs qui seront présentés dans les mois à venir…», explique Philippe Saurel, sans donner de date de création pour cette future agence. Pourquoi cette structure ? « Montpellier a l'attractivité, les autres collectivités ont le foncier », résume l'élu. Des échanges sont en cours avec des acteurs de l'industrie médicale, confie-t-il à La Lettre M. Il souhaite attirer davantage d'industries, dans une métropole certes attractive, mais minée par un fort taux de chômage (17 %). Alors que la métropole affiche une hausse record des transactions dans l’immobilier d’entreprise en 2017, l’élu entend « trouver des pistes pour arriver à dégager du foncier afin de faire des propositions à l’industrie pour répondre à cet enjeu. Aujourdhui, l’industrie est propre et pas polluante. Il faut se donner les moyens fonciers pour l’installer et créer des emplois pérennes. Il n'y a pas que les start-up », souligne-t-il.
Affûté à deux ans des municipales - même s'il n'a pas officialisé la candidature à sa réélection -, il se rendra au Mipim (salon international de l'immobilier d'entreprise) à Cannes en mars. « Je n'y étais pas en 2016 et 2017, cette année, j'y vais », déclare-t-il. 

Nouveau stade présenté en juillet. Le futur stade Louis Nicollin de Montpellier (coût prévisionnel : 130 M€) sera présenté en juillet, annonce Philippe Saurel, confirmant les propos de Laurent Nicollin, président du MHSC (Montpellier Hérault Sport Club) le 4/2 sur le plateau de l'émission Télé Foot. « Cette présentation portera sur les plans techniques, juridiques et sur le naming. Une Semop (société d'économie mixte à opération unique), c'est-à-dire une société de projet, va être créée pour ce stade. Elle permet d’agir avec le privé et à la Métropole de conserver la gouvernance », assure l’élu. « Dans ce cas, il faudra que la Métropole mette plus de 65 M€ dans le projet », observe une source proche du BTP. Philippe Saurel souhaite poser la première pierre le 9/6/2019, date du premier match de la Coupe du monde de football féminin en France, et dont Montpellier est ville hôte. « Louis Nicollin (président fondateur du MHSC, décédé en juin 2017, NDLR) a fait partie des précurseurs du football féminin au niveau national. Je veux lancer la construction du stade qui portera son nom à l'occasion de cette Coupe du monde. »

L’actuel stade de la Mosson ne sera pas démoli, mais transformé. « Il est en zone rouge inondation. Mon idée, c’est de conserver les infrastructures en les rehaussant pour que l’eau passe par dessous en cas de crue de la Mosson. Et, dans les tribunes actuelles, je souhaite que soient créés des plateaux pour y installer des entreprises. Au centre, l'actuelle pelouse deviendra un parc, avec peut-être des jardins partagés (sur le modèle de l'ancien stade Highbury du club londonien d'Arsenal, reconverti en pépinière d'entreprises, avec des logements et des potagers, NDLR). Ce site aura 2e vie publique. C’est un travail d’architecture exceptionnel à traiter. Et c’est bien d’installer de l’économie à La Paillade (nom historique du stade et du club, NDLR) », conclut-il. Le programme de reconversion pourrait faire partie du périmètre Anru (rénovation urbaine) 2, ajoute l'élu. 

Concernant la ligne 5 du tramway, l’élu annonce « des travaux fin 2019-début 2020 sur le tronçon nord (2 à 3 km), tronçon pour lequel la déclaration d'utilité publique n’a pas nécessité de modification (contrairement à la partie ouest du projet, NDLR)… Ce tronçon va de la rue du Dr. Pezet, en passant par la Voie Domitienne, la route de Mende et Agropolis. On va profiter de la création de cette portion nord pour revoir le PLUI (plan local d’urbanisme intercommunal) qui va border cette voie et assurer de façon plus cohérente les transparences hydrauliques ». Ce tronçon n'ira donc pas jusqu'à Clapiers, du fait d'un franchissement du Lez jugé coûteux. 

Forum des villes méditerranéennes en 2019. « La première édition du colloque des Villes méditerranéennes se tiendra du 6 au 7/4 2019 au Corum de Montpellier. Il réunira les villes de Barcelone, Fès, Palerme, Marseille, Bastia,… mais aussi d’Italie et de Tunisie, annonce Philippe Saurel. Il s’agit de lancer un process où chaque deux ans, on pourra partager les initiatives et échanger avec d’autres villes. Les villes constituent un nouvel ordre mondial. C’est plus facile pour les villes que pour les États de s’unir, car elles parlent la même langue. Celles du bassin méditerranéen vivent les mêmes problématiques sur le climat, l’eau, l’agroécologie, l’alimentation…»
« Montpellier doit être représentée dans le concert des villes internationales », déclare l’élu. Après la Chine et la Russie, l’élu s’envolera fin 2018 aux États-Unis, à Louisville, ville jumelle, puis dans la Silicon Valley, avec une délégation de start-up. 

Montpellier Capital Santé (8,3 M€ au profit des entreprises et du CHU pour la santé du futur) : l'élu souligne que « la ville est pionnière dans le domaine génétique, il y a beaucoup de choses à faire avec les chercheurs, les entrepreneurs, les start-up,… Il faut s’appuyer sur nos forces et les valoriser au niveau international ».

Quartier Cambacérès (gare TGV Montpellier Sud de France). « La halle French Tech sortira de terre en premier. Je me demande si elle sera suffisante pour abriter les start-up qui nous en font la demande ! Puis viendront le campus Montpellier Business School, le stade et d’autres écoles. On installera des industries culturelles et créatives, des unités universitaires, des laboratoires… », note l’élu.

LGV. « La Région défend davantage le projet de ligne ferroviaire nouvelle Bordeaux-Toulouse que Montpellier-Béziers. C’est normal, vu d’une présidente originaire de Toulouse. Je soutiens pour ma part les deux lignes, ça ne me gêne pas de soutenir Bordeaux-Toulouse, mais je soutiens en premier la ligne Montpellier-Perpignan-Barcelone », déclare Philippe Saurel. À propos de la déclaration commune de la présidente de Région, appelant les élus de la région à la soutenir pour solliciter un entretien avec le Président de la République, Philippe Saurel s’irrite : « Pourquoi le maire de Béziers (Robert Ménard, NDLR) n'est-il pas consulté ? Quand Carole Delga est allée à la commission technique, elle y est allée avec le maire de Perpignan, elle ne m’a pas invité ! J’ai écrit ce matin à Carole Delga pour lui demander d’accrocher à sa pétition le vœu de Montpellier voté en conseil municipal, jeudi dernier ».
Les arguments avancés par Philippe Saurel pour favoriser la ligne Montpellier-Béziers dont l’enquête publique est repoussée (au mieux) à 2019 : « elle est moins chère (environ 1 Md€), et c’est une ligne mixte voyageurs et fret alors que Bordeaux-Toulouse ne l’est pas. C’est aussi une ligne d’intérêt européen situé sur un segment transfrontalier, alors que Bordeaux-Toulouse ne l’est pas non puls. Si on double cette ligne, elle laissera libre des sillons pour les trains du quotidien, les trafics des TER et les cadencements pourront se développer. La Région en a conscience », conclut-il.

Aéroport de Montpellier. Philippe Saurel ne montera pas au capital de la société aéroportuaire, dont la Métropole détient 0,5 % des parts. « Un banquier m'a dit il y a peu : 'Petit minoritaire, petit con, grand minoritaire, grand con' », a-t-il ironisé. André Deljarry, président de la CCI 34, qui détient 25 % des parts de l'aéroport et met en vente 5 % dès cette année pour financer le projet de campus de Montpellier Business School (92 M€ environ), a relevé un point : « Avec 1 % des voix, on a le droit de vote. C'est une différence notable. » L'agglomération de Sète Agglopôle (président : François Commeinhes) serait sur le point d'entrer au capital de l'aéroport de Montpellier. Philippe Saurel se dit par contre prêt à discuter avec le président de l’aéroport, Emmanuel Brehmer, « sur le financement de lignes nouvelles. On gagnerait en visibilité dans notre stratégie internationale ».

Scot. « Il convient que deux tiers de l’espace de la métropole restent réservés à l’agriculture et aux espaces naturels. J’ai reporté la date de signature et de vote du Scot (schéma de cohérence territoriale). Je souhaite que le premier tampon qui soit posé sur le Scot soit celui de la Chambre d’Agriculture de l'Hérault (président : Jérôme Despey), déclare l’élu. Cette démarche de modération foncière demande du courage et des efforts des 31 maires qui ne pourront pas faire ce qu’ils veulent, dont moi. Mais la ville moderne, c'est la ville dense, enroulée autour des rails du tramway. » Philippe Saurel prend pour exemple la localisation de projets culturels en cours, tous situés dans des lieux « bien situés, mais désaffectés, souillés, dégradés » : musée d'art contemporain (ancien hôtel Montcalm), conservatoire à rayonnement régional (ancienne maternité et commissariat de police), Archives métropolitaines.

Les débats ont été animés par Hubert Vialatte, rédacteur en chef de La Lettre M. 

Véronique Coll et Hubert Vialatte
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