Carole Delga : « Un budget 2026 de 3,54 Md€ complexe à établir »
À la veille de la première Assemblée plénière de l’année, la présidente de Région Carole Delga présente à la presse le 11 février un budget 2026 de 3,54 Md€, qu’elle qualifie de « complexe à établir » en raison des baisses de dotations de l’État. La collectivité prévoit 1,15 Md€ d’investissement, un autofinancement à 509 M€, en hausse, et une baisse de 0,8 % des dépenses de fonctionnement. Malgré cette réduction des dotations, la Région maintient ses priorités pour 2026 : renforcer la santé de proximité, soutenir le pouvoir d’achat, présenter le pacte de souveraineté agricole, favoriser la création d’emploi et accompagner les communes avec 60 M€ mobilisés. Le budget sera examiné puis voté par les élus régionaux le 12 février.
144 M€ de dotations en moins : l’Occitanie parmi les Régions les plus touchées
Pour la première fois, la baisse des dotations régionales est appliquée de manière « inégalitaire » entre les territoires, plaçant l’Occitanie parmi les plus touchées après les Hauts-de-France et la Normandie. Dans le cadre de la loi de finances pour 2026, l’impact total pour la Région est estimé à 144 M€. Cette somme résulte de plusieurs mesures : 108 M€ correspondent à la baisse des dotations et à la diminution des compensations fiscales et des contributions spécifiques demandées aux collectivités, et 36,7 M€ à la baisse de la Dotation de compensation de la réforme de la taxe professionnelle (DCRTP), qui ne concerne que les Régions au revenu par habitant le plus faible. « Cela représente au total 500 M€ de baisse sur les quatre exercices, ce qui n’est pas neutre », souligne l’élue. Face à cette situation, quinze présidents de Région, aux côtés de Carole Delga, ont écrit au Premier ministre le 4 février afin de dénoncer « la rupture du principe d’équité territoriale ». Le groupe socialiste a par ailleurs saisi le Conseil constitutionnel.
Soutenir le pouvoir d’achat, les entreprises et la mobilité
Malgré un contexte budgétaire et international jugé « inquiétant », la présidente assure que « la situation financière de la Région est saine » et lui permettra de rester « la première Région en termes d’investissement ». Les dépenses de fonctionnement diminuent légèrement – de 0,8 % – tandis que l’autofinancement progresse à 509 M€, permettant de financer près des trois quarts des investissements avec les ressources propres de la collectivité. La dette reste maîtrisée, « avec une capacité de remboursement proche de sept ans », sous le seuil critique de neuf ans.
Côté investissements, les priorités sont claires : pouvoir d’achat, avec le maintien des mesures de rentrée scolaire, et politique de train à bas prix (fréquentation en hausse de 68 % depuis 2019), soutien à l’agriculture via un plan global de 20 M€, développement des aides aux entreprises et un budget culturel de 63 M€. La Région poursuit également ses projets ferroviaires : la LGV Toulouse-Bordeaux reste dans l'incertitude tandis que la ligne nouvelle Montpellier-Perpignan, « qui n’est pas au même niveau d’avancement des travaux », se poursuit. « Par ailleurs, nous présenterons demain le rapport de la Chambre régionale des comptes Occitanie, qui souligne le succès de la politique mobilité menée par la Région, se félicite la socialiste. Il note une forte augmentation de la fréquentation des trains depuis dix ans, la plus importante de France, et le succès de deux lignes rouvertes. »
Enfin, la rationalisation des agences régionales a réduit leur nombre à trois, contre sept en 2020. Deux nouvelles agences seront créées cette année, l’Agence de développement économique et d’attractivité, issue de la fusion du CRTL et de l'agence Ad'Occ, et l’Agence de l’aménagement et du climat, qui regroupe l’Arac et l’Arec. Au total, 17 M€ d’économies sont prévues entre 2024 et 2028.











