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Région Occitanie
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Infrastructures
| 11/06/2025

Carole Delga (Région Occitanie) : « 800 M€ d’investissements sont nécessaires pour sauver le réseau ferroviaire régional »

© Emmanuel Grimault / Région Occitanie

« J’appelle à la mobilisation pour sauver les chemins de fer de la région et du pays. » La présidente de la Région Occitanie annonce le 11 juin se joindre à l’alerte lancée par le président de la SNCF, Jean-Pierre Farandou*, en demandant à l’État « de s’engager financièrement afin de garantir l’entretien du réseau ferroviaire ». L’occasion pour Carole Delga de détailler ses propositions tout en chiffrant à 800 M€ les investissements nécessaires en Occitanie. « 70 % du réseau ferroviaire régional (934 km, NDLR) est menacé d’ici à 2032, avec à la clé la fermeture de nombreuses petites lignes », explique-t-elle. Nous sommes confrontés à un mur d’investissement dans un contexte de restrictions budgétaires. »

Trois propositions et une pétition
Pour financer l’entretien des infrastructures ferroviaires menacées de vétusté, l’élue régionale avance trois propositions et appelle à une « mobilisation citoyenne pour dire à l’état de mettre en place de nouveaux dispositifs de financement novateurs sans alourdir la dette du pays. » Première piste évoquée, la fin des concessions autoroutières. « La plupart de ces contrats arriveront à échéance entre 2031 et 2036, explique-t-elle. Leur renouvellement avec un maintien des tarifs autoroutiers au niveau actuel permettrait d’allouer 20 Mds€ sur les 10 prochaines années à l’entretien et au développement des infrastructures décarbonées. » L’élue régionale préconise également la mise en place d’une écotaxe nationale sur les véhicules en transit international et de consacrer une part des recettes des quotas carbone ETS 2 au réseau ferré. « Ce nouveau système mis en place par l’Union européenne dès 2027 concernera notamment le transport routier. Il obligera les vendeurs de carburants à acheter des quotas pour chaque tonne de CO2 émise. Les recettes financeront un Fonds social pour le climat. L’État français bénéficiera de 16 % de ses recettes, représentant 2,3 Mds€ par an, et ainsi les réaffecter au développement de l’offre de transports décarbonés sur le territoire national. » Ces nouvelles solutions de financement permettrait d’alimenter l’Agence de financement des infrastructures de transport en France (AFIT-F) à hauteur de 5,5 Mds € par an estime Carole Delga avant d’évoquer le lancement le 13 juin d’une pétition sur internet baptisée “Petites lignes, grande cause“. « Près de chez nous, des lignes essentielles sont aujourd’hui menacées de disparition faute d’engagement suffisant de la part de l’État, souligne-t-elle en ciblant plus particulièrement les axes Toulouse – Auch, Perpignan – Latour-de-Carol, Tessonnière – Figeac, Tessonnière – Albi – Rodez, Béziers – Neussargues, Le Monastier – Mende – La Bastide, Nîmes – Le Grau-du-Roi et Nîmes – Clermont-Ferrand. Pour les sauver, nous appelons les citoyens, usagers, responsables politiques, économiques, syndicaux, associatifs, acteurs de la société civile à défendre chaque kilomètre de voies ferrées sans distinction. » Objectifs visés : « Permettre à l’État d’assumer, à nouveau, l’entretien de son patrimoine ferroviaire et à la Région, de continuer à assurer les déplacements quotidiens de centaines de milliers d’usagers, dans les meilleures conditions et à des prix incitatifs. »

900 M€ investis par la Région depuis 2008
Carole Delga, également présidente de Régions de France, rappelle par ailleurs les engagements financiers déjà pris par la Région bien que les infrastructures appartiennent toujours à l’État. « Cette situation est unique : nous finançons un patrimoine qui ne nous appartient pas. Dès 2008, l’État, n’ayant pas souhaité assumer seul l’entretien de son réseau ferré, avait fait appel aux Régions pour assumer la majorité des financementsEn 17 ans, la Région a ainsi investi près de 900 M€ pour entretenir et développer les chemins de fer d’Occitanie, appartenant à l’État. Désormais soumises à des contraintes budgétaires sans précédent décidées par le gouvernement, les Régions ne peuvent plus assumer dans de telles proportions, l’entretien du réseau ferré national. » Propriété de l’État et géré par SNCF Réseau, le réseau ferroviaire français compte aujourd’hui 30 000 km de voies ferrées. « Victime d’un désengagement croissant, les lignes de train françaises, parmi les plus vieillissantes d’Europe, subissent aujourd’hui une dégradation », souligne la Région Occitanie en précisant que 10 000 km de voies ferrées pourraient fermer dans les 10 prochaines années, « dont près de 1 000 km en Occitanie. » Face au « sous-investissement de l'État », Carole Delga annonce par ailleurs la mobilisation « en urgence » de 16,5 M€ pour financer l’entretien de plusieurs lignes régionales et « empêcher leur fermeture » : Toulouse – Auch (4,5 M€), Quart Nord-Est toulousain (5,1 M€),  Saint-Césaire – Le Grau-du-Roi (2,2 M€),  Perpignan – Villefranche de Conflent (500 k€) et Nîmes - Alès (4,2 M€).
*dans le cadre de la conférence de financement des mobilités « Ambition France Transports » actuellement menée par l’ancien ministre des Transports, Dominique Bussereau

David Danielzik / danielzik@lalettrem.net
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