Carole Delga largement réélue à la tête de la Région
Sans surprise, la présidente sortante de la Région Occitanie, Carole Delga, retrouve son fauteuil à l'issue du second tour des élections régionales. Avec 57,77 % des suffrages exprimés, la socialiste devance très largement Jean-Paul Garraud (Rassemblement national), qui obtient 24 % des voix, et Aurélien Pradié (Les Républicains), qui plafonne à 18,22 %. Elle obtient ainsi 109 sièges au sein de l'assemblée régionale, contre respectivement 28 et 21 sièges pour ses concurrents. Dans un contexte de forte abstention – 62,17 % en Occitanie -, ces résultats permettent à Carole Delga de se positionner comme la présidente la mieux réélue de France. Dimanche soir, elle estimait devant la presse et les militants que l'Occitanie avoir fait « un choix clair, celui de la force, celui du rassemblement et de l'action, autour de valeurs positives et ambitieuses : le progrès, la justice sociale, la solidarité, l'écologie, l'innovation et la fraternité ». Et l'élue de marteler que son action sera guidée par trois valeurs cardinales : « Courage, proximité et bon sens ». « Ce résultat m'honore et m'oblige, ajoute-t-elle. J'en mesure la portée et la puissance. » Carole Delga entend ainsi construire « avec volontarisme un nouveau modèle de société qui allie emploi et écologie, qui innove pour garantir sa souveraineté. »
Les réactions des opposants
Jean-Paul Garraud dénonce un contexte électoral porté par une abstention historique. « Madame Delga donne l'impression de marcher sur l'eau, commente-t-il chez nos confrères de France 3 Occitanie. Mais en réalité, c'est une flaque. Car on a bien vu qu'il y a une abstention massive. » Un avis partagé par Aurélien Pradié : « Je félicite Carole Delga parce que je suis républicain, mais il est inutile de fanfaronner, avec ce niveau d'abstention colossal, indique-t-il sur son compte Twitter. La droite républicaine sera une opposition solide et non caricaturale comme l'a été le RN. »
Une volonté de « transformer notre économie »
Carole Delga retrouve ainsi son fauteuil de présidente de Région pour un nouveau mandat de six ans. L'occasion pour elle de déployer un programme économique répondant à un double défi : celui de « sortir de la crise sanitaire en gérant ses conséquences économiques et sociales », tout en profitant de cette période charnière pour « transformer notre économie ». « Face à l’urgence climatique, nous ne pouvons pas suivre le même modèle de développement qu’auparavant, assurait-elle il y a quelques semaines, dans le cadre de la campagne électorale. Nous devons préparer une croissance en conscience. » Une conscience qui, pour la présidente sortante, rime avec environnement. « Nous devons consommer moins de terres agricoles, générer moins d’artificialisation des sols, aider les entreprises à moins consommer et, bien entendu, développer toutes les énergies renouvelables », martèle l’élue, qui entend faire de la « réindustrialisation verte » sa priorité numéro un. Son objectif ? Créer 100 000 « emplois de demain » dans des secteurs porteurs comme les biothérapies, les énergies renouvelables, l’écoconstruction et les mobilités du futur. Sans oublier la création programmée d'un « fonds anti-faillite » de 100 M€.
Des ambitions présidentielles ? « On n'en est pas vraiment là »
Reste une question, qui agite la toile depuis l'annonce des résultats dimanche soir : le score d'envergure enregistré par la socialiste la positionnerait-elle comme une candidate potentielle en vue des élections présidentielles de l'an prochain ? Sur Twitter, aussitôt les résultats connus, le mot-dièse #Delga2022 a émergé. Interrogée à ce sujet par nos confrères d'Actu Toulouse, l'ancienne secrétaire d'État a répondu dans un sourire : « On n'en est vraiment pas là ». Avant d'ajouter : « En revanche, que l'on s'inspire de cette gauche du réel, qui fait de l'éducation une priorité, qui aime les entreprises, qui traite les questions de sécurité et qui n'a aucune faiblesse pour préserver la République, ce serait une bonne chose ».










