Fil infos

Région Occitanie
|
Institutions
| 16/01/2025

Carole Delga boycotte le déplacement toulousain de la ministre de la Transition écologique

À gauche, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie ; à droite, Agnès Pannier-Runacher, ministère de la Transition écologique, et Julie Kitcher, directrice développement durable, RSE et communications d’Airbus
© Laurent Boutonnet - Région Occitanie / Laurie Correia

Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, a annulé sa participation à la visite officielle, le 16 janvier à Toulouse, de la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, pour protester contre la suppression du versement mobilité en région. L'élue socialiste indique dans une note adressée à la presse avoir appris la veille du ministre de l'Économie Éric Lombard que cet engagement était remis en cause par le gouvernement. « Cette décision, sans concertation, est un recul majeur pour l'avenir des mobilités décarbonées dans nos régions », fustige-t-elle. Pour Agnès Pannier-Runacher, « le sujet du versement mobilité concerne aussi les entreprises ; il est donc légitime de devoir se concerter pour avancer ».

Une décision jugée injuste
« Notre porte est ouverte et notre main est tendue, poursuit la ministre, en déplacement dans la Ville rose pour échanger avec des acteurs de la lutte contre le dérèglement climatique et aborder les enjeux de la décarbonation de l’industrie dans le cadre de la clôture de la COP territoriale. Le budget démarre maintenant ; je fais confiance à Éric Lombard pour continuer à travailler en bonne intelligence. » La présidente de Région - qui est par ailleurs présidente de Régions de France - dénonce quant à elle l’injustice de cette décision, alors que le versement mobilité n’est selon elle que « l'application de ce qui existe déjà pour les transports en Région Île-de-France ». Elle l’estime « contraire à tout le travail mené depuis l'automne dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) 2025, qui avait été validé en décembre par le Sénat ». Destiné à financer les transports publics locaux, le versement mobilité est une contribution patronale, versée par toutes les entreprises qui emploient au moins 11 salariés en Île-de-France ou dans une commune ayant institué ce versement. « C'est un coup d'arrêt à la création de nouveaux services ferroviaires, à l'achat de rames de train ou encore au développement de nos infrastructures, pour la construction des RER métropolitains », regrette Carole Delga, qui appelle le gouvernement à « revenir sur sa décision ».

Un nouveau coup de rabot
En octobre dernier, le gouvernement Barnier avait annoncé son nouveau plan pour économiser 5 Md€ supplémentaires en 2025.  Une décision qui avait provoqué la colère des élus, tous bords confondus. Carole Delga avait annoncé un mois plus tard devoir « réduire le train » de la Région, après la perte de 187 M€. La remise en cause du versement mobilité en région sonne donc selon elle comme un nouveau coup dur. « Nous sommes tous dans le même bateau, défend Agnès Pannier-Runacher. Il faut faire en sorte de partager l’effort de la manière la plus équitable possible. Le Premier ministre a pris une décision forte en direction des collectivités locales en baissant de manière importante leur contribution à l’effort budgétaire. » Deux jours plus tôt, à la tribune de l’Assemblée nationale, François Bayrou a en effet annoncé alléger l’effort financier demandé aux collectivités à 2,2 M€ en 2025. « Il me semble que cela devrait être salué », conclut la ministre.

Laurie Correia / correia@lalettrem.net
Bloc Abonnement

La Lettre M sur votre bureau chaque mois, la newsletter quotidienne à 18h, toute l'actualité en temps réel sur lalettrem.fr, les magazines thématiques, le guide « Les Leaders, ceux qui font l’Occitanie », la référence des décideurs d'Occitanie