CA en hausse, mais effectifs stables : des prévisions 2025 contrastées pour l’économie locale
« Pour 2025, sans être optimistes, nous sommes confiants et estimons que – hors effet Trump – le chiffre d’affaires des entreprises de la Haute-Garonne peut croître de 3,4 %, avec une stabilisation de l’emploi à + 0,4 % », résume Patrick Piedrafita, président de la CCI de Toulouse. Et d’ajouter le 20 mars, lors de la présentation à la presse des résultats de la 23e enquête de conjoncture coréalisée par l’établissement consulaire et la Banque de France Occitanie : « Nous allons avoir dans les mois à venir deux grands points de vigilance : ce qui se passe aux États-Unis et les secteurs en difficulté au niveau local, avec un regard sur les remboursements des PGE et sur les défaillances, principalement du côté des TPE-PME. »
Résilience en Occitanie
Au niveau régional, Christine Bardinet, directrice de la Banque de France Occitanie, rappelle les grands enseignements de l’enquête dévoilée en février dernier, prévoyant pour cette année une hausse de la croissance dans l’industrie (+ 4,3 %) et les services marchands (+ 5,2 %), sans effet sur l’emploi. « Après une année 2024 résiliente dans un environnement instable, 2025 devrait être plutôt dynamique », estime-t-elle, ajoutant cependant que la rentabilité, amenée à s’améliorer dans l’industrie, devrait « stagner dans les services et le BTP ». Par ailleurs, alors que certaines voix patronales déplorent des difficultés liées au remboursement des Prêts garantis par l’État (PGE), la directrice régionale de la Banque de France tempère : « Globalement, le PGE se rembourse. En revanche, il peut y avoir des entreprises qui sont réduites dans leurs capacités d’investissement par ce remboursement. »
Des perspectives « contrastées » en Haute-Garonne
Patrick Piedrafita prévient d’emblée : « En Haute-Garonne, la situation est très contrastée, en fonction de la taille des entreprises et de leurs activités. » Le bilan 2024* est cependant « globalement positif » pour les acteurs économiques du territoire, avec une hausse annuelle de 2,4 % des chiffres d’affaires et une évolution des effectifs salariés de 1,9 %. Si, côté volume d’affaires, le commerce et le secteur construction-immobilier ont accusé de légères baisses l’an dernier – respectivement de 0,1 % et 0,4 % –, l’industrie s’est bien portée (en hausse de 4,5 %), de même que les services (+ 2 %). « Merci à la filière aéronautique et spatiale, locomotive économique du département (lire en encadré, NDLR), mais merci aussi au secteur de la santé et aux travaux du métro toulousain », résume l’élu consulaire. Les perspectives 2025, elles, se veulent « prudentes », avec une hausse de chiffre d’affaires estimée à 3,4 % et une évolution très légère (+ 0,4 %) des effectifs salariés. 51 % des dirigeants interrogés dans le cadre de cette étude de conjoncture se disent « confiants pour leur structure grâce à des carnets de commandes relativement stabilisés ».
L'industrie à la pointe
Demeurent néanmoins certaines disparités entre les secteurs d’activité. Dans l’industrie, les perspectives dressées pour 2025 prévoient une accélération des courants d’affaires à + 6,1 %, ainsi qu’une reprise des investissements, mais à effectif constant, voire très légèrement baissier. Dans les services, la croissance de CA est anticipée à + 2,8 % et l’évolution des effectifs serait contenue à + 0,7 %. Dans le commerce, les perspectives sont moins souriantes, avec une hausse du chiffre d’affaires de 0,2 % et une stabilité de l’emploi. Enfin, dans le secteur du BTP et de l’immobilier, si les effectifs pourraient être amenés à croître très légèrement (+ 0,7 %), le volume d’activité, lui, se replierait de 0,4 %.
La défense en ligne de mire
Interrogés sur la capacité du tissu industriel régional – et en particulier celui de la Haute-Garonne, autour du secteur aéronautique et spatial – à s’engager rapidement sur les marchés de la défense, Patrick Piedrafita et Christine Bardinet répondent d’une même voix. « Ce n’est pas parce que vous mettez 100 milliards sur la table que vous aurez demain des missiles et des chars », assure la directrice régionale de la Banque de France. Et le président de la CCI haut-garonnaise d’abonder : « On ne pourra pas livrer tout d’un coup le double de missiles ; il faut que la supply chain nationale suive. Réjouissons-nous cependant de pouvoir compter sur une filière défense solide. »
*L’étude a été menée du 2 au 28 janvier auprès de 1 788 dirigeants d’entreprise de la Haute-Garonne, représentant quelque 74 000 salariés











